Le Dr De Serres a indiqué que la grippe était moins virulente cet hiver mais que selon les chiffres qu'il avait consultés, «on n'était pas sortis de l'auberge».

Plusieurs grosses semaines d'influenza devant nous

La grippe aurait-elle décidé de nous épargner cet hiver? «Elle n'est ni absente ni passée tout droit! On est encore dans les grosses semaines de transmission. [...] Mais ça ne restera pas dans les annales comme une grosse année.»
Au bout du fil, le Dr Gaston De Serres, professeur à l'Université Laval et épidémiologiste à l'Institut national de santé publique du Québec. Sur son écran, tandis que nous discutons, défilent les statistiques sur l'influenza, ce virus qui fait couler tant d'encre et de salive.
Alors, il voit quoi dans les chiffres? «On n'est pas sortis de l'auberge!» Dommage, mi-janvier, des collègues de M. De Serres s'étaient réjouis un peu vite en annonçant en gros titre sur une publication officielle : «Activité grippale en baisse. Le pire est derrière nous.»
La grippe est moins virulente cet hiver, c'est vrai. On se souviendra de la saison froide 2014-2015 durant laquelle les masses courbaturées rageaient contre l'influenza. «La montagne est moins abrupte [cette année] mais elle a un plateau qui se prolonge sur plusieurs semaines», illustre Gaston De Serres. «On a encore plusieurs grosses semaines d'influenza devant nous.»
Et il faut se souvenir également de 2015-2016, prévient-il. L'ennemi était resté caché pour mieux frapper en mars, avril, même en mai!
Il convient néanmoins que «ce n'est pas une saison qui nous réserve de grosses surprises».
Au fait, tandis qu'on cause de la grippe de cette saison, les experts internationaux sont déjà en train de se casser le ciboulot devant la boule de cristal : ils décideront bientôt quelles seront les souches qui seront incluses dans le vaccin... de l'an prochain. Les industriels disposeront alors du temps nécessaire pour produire l'inoculation.