Le rapport intitulé «Soins virtuels : recommandations pour la création d’un cadre pancanadien» a été produit par l’Association médicale canadienne, le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et le Collège des médecins de famille du Canada. En gros, il y fait des recommandations afin de promouvoir la prestation de soins médicaux virtuels assurés par l’État.
Le rapport intitulé «Soins virtuels : recommandations pour la création d’un cadre pancanadien» a été produit par l’Association médicale canadienne, le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et le Collège des médecins de famille du Canada. En gros, il y fait des recommandations afin de promouvoir la prestation de soins médicaux virtuels assurés par l’État.

Plaidoyer pour des soins virtuels

Prendre rendez-vous avec son médecin sur Internet. Communiquer avec lui par courriel ou par texto. Parler avec un psychiatre en vidéoconférence. Parce qu’ils améliorent l’accès, les soins virtuels doivent être intégrés au système de santé public, croit un groupe de travail qui publie mardi un rapport sur la question.

Le rapport intitulé Soins virtuels : recommandations pour la création d’un cadre pancanadien a été produit par l’Association médicale canadienne, le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et le Collège des médecins de famille du Canada. En gros, il y fait des recommandations afin de promouvoir la prestation de soins médicaux virtuels assurés par l’État. 

Parce que jusqu’ici, c’est surtout le secteur privé qui développe les soins virtuels, offerts aux patients et aux employeurs moyennant certains frais. «Par exemple, le service getmaple.ca fait miroiter la possibilité de clavarder en pyjama avec un médecin dans le cadre de consultations en ligne, et fait la promotion d’autres services tels que la rédaction d’ordonnances et de certificats de maladie», illustrent les auteurs du rapport. Une consultation sur getmaple.ca coûte 49 $ en semaine et 79 $ la fin de semaine, et le prix du forfait familial est de 50 $ par mois.

Au Québec, notent-ils également, un service de dermatologie offre aux patients la possibilité d’obtenir une consultation par courriel en envoyant une photo de leurs lésions cutanées. Les clients peuvent ainsi obtenir un diagnostic et une ordonnance en 72 heures, moyennant des frais de 179,99 $, ou en 24 heures pour 249,99 $. 

C’est la Colombie-Britannique qui est la chef de file canadienne en matière de soins de santé virtuels couverts par le régime public. On y offre notamment des services de téléconsultation par vidéo. Les médecins peuvent également donner des conseils médicaux à leurs patients par courriel ou par messagerie texte. 

L’Ontario, qui a mis sur pied le Réseau Télémédecine Ontario (RTO) en 2006, progresse aussi rapidement en matière de soins virtuels. Depuis 2017, la plateforme du RTO permet aux médecins et aux patients de tenir des consultations vidéo remboursées par l’assurance maladie. 

Accroître les soins virtuels

Au Québec, des services de télémédecine sont également offerts, mais ils sont surtout destinés aux suivis en région éloignée.

Pour le cardiologue Yanick Beaulieu, qui participera à un panel après le dévoilement du rapport, mardi, le Québec n’est pas «le plus en retard» en matière de soins virtuels intégrés au régime public, mais il gagnerait à accroître sa vitesse de croisière. Les obstacles, dit-il, ne sont pas «si compliqués que ça à surmonter». «La technologie est déjà là. Il faut régler les aspects financier et réglementaire», résume le médecin. 

«Plus de 70 % des suivis médicaux peuvent être faits en virtuel, ou encore par texto ou par courriel sécurisé. Pour que ce soit implémenté dans le régime public, il doit y avoir une gestion du changement. Il faut établir un cadre, établir une rémunération des médecins qui ne devrait pas être supérieure à la rémunération en personne. […] Le médecin, lui, a toujours les mêmes obligations [mettre les notes au dossier, par exemple]. Et s’il ne se sent pas confortable, il doit faire venir son patient au bureau», expose le Dr Yanick Beaulieu.

Selon lui, la vidéoconférence n’est qu’une «petite partie» des soins virtuels qui pourraient être offerts au Québec. «Le patient diabétique dont la glycémie est un peu haute et qui se demande si sa médication ne devrait pas être ajustée, par exemple, pourrait texter son médecin traitant ou l’infirmière praticienne ou un autre membre de l’équipe soignante, illustre le cardiologue. L’idée, c’est de pouvoir répondre rapidement à des questions simples, et, si c’est nécessaire, de diriger le patient vers la vidéoconférence ou la visite en personne.»

Maladies mentales

Pour les personnes aux prises avec un problème de santé mentale, la télémédecine pourrait être particulièrement indiquée, surtout dans un contexte de pénurie de psychiatres, observe le DBeaulieu. 

«L’utilisation numéro un de la télémédecine, ce sont les maladies mentales. Le psychiatre, souvent, ce qu’il fait, c’est discuter avec le patient pour voir comment il est, voir ses réactions, son faciès… Il y a des gros besoins en psychiatrie, notamment en région, alors si tu es capable de connecter un patient avec un psychiatre de n’importe où au Québec après qu’il ait été vu par une travailleuse sociale ou autre, tu peux amener des services et répondre à une demande», explique le cardiologue. 

Si les soins virtuels ne sont évidemment pas indiqués pour les problèmes de santé physique nécessitant des tests et des examens médicaux, le Dr Yanick Beaulieu croit qu’il serait «tout à fait possible» de mettre à la disposition des patients ayant un problème de santé ponctuel un service de triage de type 8-1-1 «qui aurait l’option supplémentaire de rediriger le patient vers une consultation par vidéoconférence avec un médecin ou une IPS». 

Chose certaine, dit le DBeaulieu, «les soins virtuels, tant les patients que les médecins en veulent» en soutien au système de santé. Le cardiologue se réjouit d’ailleurs de la volonté de la ministre de la Santé, Danielle McCann, de développer davantage la télémédecine au Québec.

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EN CHIFFRES

  • 71 %  des Canadiens aimeraient prendre rendez-vous en ligne, mais seulement 9 % des médecins de famille offrent cette option
  • 63 %  des Canadiens aimeraient pouvoir communiquer par courriel, mais seulement 24 % des médecins de famille offrent cette option
  • 41 %  des Canadiens aimeraient avoir des consultations vidéo, mais seulement 4 % des médecins de famille offrent cette option

Tiré du rapport Soins virtuels: recommandations pour la création du cadre canadien