Peu de Québécois ont accès au meilleur traitement pour l’AVC ischémique

Le traitement endovasculaire (TEV) cérébral est reconnu comme hautement efficace pour traiter un accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique, mais peu de Québécois y ont accès, constate l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS).

Dans un avis publié mardi, l’INESSS rappelle qu’un AVC est «une urgence médicale pouvant mener à des conséquences graves qui requiert, pour les patients en phase hyperaiguë, une accessibilité au traitement en temps opportun».

Les AVC de nature ischémique, qui comptent pour 80 % à 85 % de tous les AVC, sont attribuables à une irrigation sanguine insuffisante qui survient de façon aiguë dans une zone du cerveau. Chaque année, environ 8000 personnes au Québec font un séjour hospitalier à la suite d’un AVC ischémique.

Jusqu’à récemment, le traitement reconnu en AVC ischémique était la thrombolyse intraveineuse, mais ce traitement est moins efficace chez les patients présentant une «occlusion d’un gros tronc artériel», souligne l’INESSS. «À la suite d’une série d’études randomisées publiée en 2015, le traitement endovasculaire cérébral (TEV) est devenu l’option de traitement privilégiée chez les patients aux prises avec une telle occlusion», ajoute-t-il.

Contrairement à la thrombolyse, le TEV ne peut être réalisé que par des neurointerventionnistes expérimentés dans les centres surspécialisés disposant d’une salle d’angiographie. Actuellement, seulement cinq centres offrent le TEV (deux à Montréal, un à Québec, un à Sherbrooke et un à Chicoutimi).

«L’utilisation de cette nouvelle technologie à l’échelle provinciale comporte des défis considérables en raison des particularités géographiques et climatiques de même que de l’étendue du territoire pour accéder aux soins spécialisés, et nécessite des ajustements importants dans l’organisation des services.»

Délais importants

Selon l’organisme, la proportion de patients qui ont reçu un TEV (4,5 % pour la province en 2017-2018) est faible comparativement au taux anticipé (10 %), particulièrement au sein des régions qui sont les plus éloignées d’un centre offrant le TEV (< 1 %).

L’INESSS constate aussi que le transfert d’un centre hospitalier vers un centre offrant le TEV occasionne des délais importants qui peuvent atténuer l’efficacité du traitement.

L’organisme recommande notamment au ministère de la Santé de «faciliter le transfert interhospitalier efficace et sécuritaire vers les centres désignés qui offrent le TEV, pour les patients provenant de toutes les régions du Québec».