Marguerite Blais a été ministre responsable des Aînés pendant cinq ans sous Jean Charest, avant d’être exclue du conseil des ministres lors de la prise de pouvoir de Philippe Couillard.

Personnes âgées: Blais dénonce le laxisme du gouvernement libéral dont elle faisait partie

La ministre des Aînés, Marguerite Blais, dénonce le laxisme de l’ancienne administration libérale en lien avec l’hébergement des personnes âgées, alors qu’elle faisait partie de ce même gouvernement en tant que ministre des Aînés.

Mardi, elle a été interpellée en Chambre par la députée libérale de Fabre, Monique Sauvé, qui voulait savoir combien de Maisons des aînés le gouvernement Legault comptait construire dans son premier mandat.

Plutôt que de répondre à la question, Mme Blais a reproché à son ancien parti son inaction.

«Combien de fois avez-vous annoncé, vous, des CHSLD, année après année, qui n’ont jamais été construits, a-t-elle lancé. Ça vous gêne, hein, quand je mentionne que vous avez réannoncé vos projets, vous êtes extrêmement gênés, n’est-ce pas?

«Si j’étais à votre place, je serais extrêmement gênée de votre bilan, a-t-elle renchéri, à l’étonnement général. Vous avez oublié le vieillissement de la population.»

La ministre reproche aux libéraux d’avoir annoncé la création de places en CHSLD sans les concrétiser, alors qu’elle donne elle-même l’impression de vouloir repousser un engagement de création de places.

Changement de discours

Marguerite Blais a été ministre responsable des Aînés pendant cinq ans sous Jean Charest, avant d’être exclue du conseil des ministres lors de la prise de pouvoir de Philippe Couillard. Elle a continué de siéger comme députée libérale jusqu’en 2015, annonçant son départ de la vie politique quelques mois après la mort de son mari.

Elle a été recrutée par la Coalition avenir Québec (CAQ) à temps pour la campagne électorale de 2018.

Dans une entrevue accordée à L’Actualité en août 2011, elle louangeait pourtant son gouvernement libéral, qui avait annoncé une somme de 950 millions $ sur cinq ans «pour le maintien à domicile, des places en CHSLD, les entreprises d’économie sociale».

«Dans la prochaine année, déposer la politique «Vieillir chez soi», prévue pour le printemps 2012, sera LA priorité du gouvernement, avait-elle déclaré à l’époque. Nous avons déjà fait beaucoup depuis la consultation publique sur les conditions de vie des aînés qui s’est tenue en 2007.»

500 places

Mardi, voyant que le débat entre Mme Blais et ses anciens collègues s’envenimait, le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, a dû s’interposer. «Est-ce que quelqu’un entend mal? Est-ce que quelqu’un ne comprend pas? Votre attention s’il-vous-plaît», a-t-il rouspété, rappelant les députés à l’ordre.

Mme Sauvé venait de souligner que la veille, lors de l’étude des crédits, Mme Blais avait indiqué pouvoir probablement créer 500 places dans les nouvelles Maisons des aînés d’ici 2022, et non 2600 comme elle l’avait promis. «Comment la ministre peut justifier que le gouvernement n’aura même pas réalisé le tiers de sa promesse?» s’est-elle enquise.

En campagne électorale, le chef de la CAQ, François Legault, avait pris l’engagement clair, aux côtés de Mme Blais, de créer dans un premier mandat 2600 places dans une trentaine de nouvelles Maisons des aînés. Il estimait que cette première phase coûterait 1 milliard $ en immobilisations, et 245 millions $ par année en dépenses d’exploitation.

Ces Maisons des aînés imaginées par la CAQ sont de «petites unités de vie climatisées» accueillant un maximum de 70 à 130 personnes et comprenant des aires de circulation «sécuritaires et verdoyantes». Elles seraient des milieux de vie confortables pour les aînés, avec des repas adaptés et un nombre adéquat de préposés pour s’occuper d’eux.

Mme Blais a déclaré mardi que son gouvernement a prévu des investissements de 70 millions $ dans le dernier budget pour l’hébergement des aînés, et de 280 millions $ pour le maintien à domicile. Le milliard de dollars en immobilisations pour les Maisons des aînés est inscrit dans le Plan québécois des infrastructures, qui planifie des investissements de plus de 100 milliards $ sur 10 ans, notamment dans le réseau routier.

La ministre a suggéré que la construction des Maisons des aînés pourrait prendre plus de temps que prévu.

«Je considère que le projet des Maisons des aînés, tout comme le premier ministre le considère, c’est un projet de génération. C’est un changement de paradigme.

«Est-ce que (Mme Sauvé) pense qu’on les construit avec des blocs Lego? Il faut quand même prendre le temps de les construire ces Maisons des aînés», a-t-elle pesté.