«Nous travaillons en collaboration [...] afin d’assurer la couverture de soins sur l’ensemble de la région» a brièvement réagi l’attachée de presse du ministre Barrette, Catherine W. Audet.

Pénurie de médecins à l'IUSMQ: Barrette appelle à la «collaboration»

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, appelle les médecins de famille à la «collaboration» afin d’assurer la couverture médicale à l’Institut universitaire de santé mentale de Québec (IUSMQ). L’Association des médecins omnipraticiens de Québec, elle, réclame «de nouveaux bras».

Le Soleil rapportait mardi que la pénurie de médecins de famille pourrait forcer l’interruption des admissions en psychiatrie à l’IUSMQ dès le mois prochain. Dans un «mémo urgent» envoyé vendredi aux membres du Département clinique de psychiatrie de l’IUSMQ, les Drs Yvan Gauthier et François Rousseau, cochefs du département, et le Dr Jean Lemieux, chef du service de médecine familiale, demandent de restreindre les admissions en psychiatrie à l’établissement du chemin de la Canardière.

«Considérant la pénurie importante de médecins de famille, l’absence de service en neurologie et l’accès restreint en médecine spécialisée pour desservir la clientèle psychiatrique hospitalisée  au site de l’IUMSQ», plusieurs patients ne peuvent plus «dès maintenant» être admis en psychiatrie à l’IUSMQ, dont ceux présentant «une situation clinique nécessitant un suivi médical serré en médecine générale».

«L’admission en psychiatrie au site de l’IUSMQ risque de devoir être interrompue advenant l’interruption du service de garde en médecine générale en mai 2018. Selon l’évolution des effectifs médicaux du service de médecine familiale à l’IUSMQ, ces mesures seront renforcées à la fin mai 2018, cela pouvant aller jusqu’à l’arrêt complet des admissions sur les unités de soins en psychiatrie à l’IUSMQ», peut-on également lire dans le mémo.

«Nous sommes sensibles à cet enjeu et nous travaillons en collaboration non seulement avec le Département régional de médecine générale du CIUSSS de la Capitale-Nationale, mais également avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec afin d’assurer la couverture de soins sur l’ensemble de la région» a brièvement réagi l’attachée de presse du ministre Barrette, Catherine W. Audet.

Situation «précaire»

Au CIUSSS de la Capitale--Nationale, on précise que deux nouveaux médecins, dont une à temps plein, se joindront au service de médecine familiale de l’IUSMQ en juillet. D’ici là, l’établissement sollicite l’aide des médecins de la région «en espérant qu’ils lèvent la main». «Même s’ils n’ont qu’une journée à offrir, on va la prendre», dit le directeur des services professionnels du CIUSSS, le Dr Pierre Laliberté, qui convient que la situation actuelle est «précaire» et qu’elle a un impact sur le CHUL, l’Hôpital de l’Enfant-Jésus et celui du Saint-Sacrement, qui ne pourront plus transférer certains patients à l’IUSMQ. 

«Au fil des ans, nos médecins à l’IUSMQ ont développé une grande expertise auprès des patients présentant à la fois des problèmes de santé physique et mentale. Ils embrassaient assez large et pouvaient prendre en charge des patients» au profil clinique assez lourd, souligne le Dr Laliberté. «Mais là, [avec le départ à la retraite de ces médecins], il va falloir appliquer la règle de précaution et de prudence clinique», explique-t-il.

À l’Association des médecins omnipraticiens de Québec (l’AMOQ), on dit avoir fait des problèmes de découverture médicale à l’IUSMQ et dans les CHSLD «une priorité pour les prochains mois». L’AMOQ tente aussi de prévenir d’éventuelles découvertures médicales dans les urgences des hôpitaux de Charlevoix cet été.

«Ce qui ressort, c’est qu’il manque de médecins dans la région, tranche le président de l’Association, le Dr Pascal Renaud. On est depuis plusieurs années la région qui s’est vu autoriser le moins de nouveaux facturants [médecins fraîchement diplômés]. Il nous en faut plus de ces nouveaux médecins capables de faire un peu de tout.»

Il y a actuellement 12 postes de disponibles pour des «retours de région» (des médecins déjà en pratique), précise le Dr Pascal Renaud. «Ils ne sont toujours pas comblés. Ça ne se bouscule pas, et on ne sait pas pourquoi», dit le Dr Renaud, qui avance que les postes disponibles (surtout en CHSLD et en urgence) ne correspondent peut-être pas au profil de pratique des médecins.