Les représentants syndicaux Véronique Thibeault, François Proulx-Duperré et Ann Gingras ont dénoncé le manque de soins offerts.

Pénurie de médecins à l’IRDPQ: «On est rendu à l'os» [VIDÉO]

Faute d’un nombre de médecins suffisant à l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ), les patients qui subissent un AVC ou un traumatisme crânien doivent rester plus longtemps à l’hôpital avant d’être admis dans le centre offrant les traitements spécialisés leur permettant de récupérer.

«Moi, je serais inquiète qu’un membre de ma famille subisse un AVC demain matin», balance Véronique Thibeault, éducatrice spécialisée et représentante au sein du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux (SPTSSS-CSN). Il ne reste que deux médecins sur la première ligne pour admettre les patients et lancer la thérapie. Ne pouvant répondre à la demande, la clientèle de l’IRDPQ occupe donc des lits dans les hôpitaux, surtout à l’Enfant-Jésus.

Le personnel hospitalier offre certes des soins de réadaptation, poursuit-elle. Mais ce ne serait pas l’environnement adéquat alors que l’IRDPQ dispose des équipements de pointe et du personnel spécialisé. 

«Ils ont besoin de services de réadaptation rapidement», insiste le président du SPTSSS, François Proulx-Duperré. «Lorsque les personnes ont besoin de réadaptation, les trois premiers mois sont cruciaux.»

Le syndicaliste interpelle donc la ministre de la Santé, Danielle McCann, pour qu’elle assouplisse les règles d’embauche afin de permettre le recrutement rapide de trois médecins de plus. «C’est une situation d’urgence, c’est une situation de santé publique d’urgence.»

«C’est vrai»

La direction de l’établissement ne nie pas le problème : «On est rendu à l’os». Le Dr François Aumond, directeur des services professionnels au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS-CN), convient sans ambages qu’il manque de médecins à l’IRDPQ. Deux récents départs à la retraite ont mis à mal la capacité des deux médecins restants à combler les besoins. Il en faudrait rapidement trois de plus pour surnager.

M. Aumond affirme avoir les autorisations nécessaires pour recruter des médecins. Mais les candidats disponibles ne seraient pas nombreux, notamment parce que les règles de distribution des nouveaux médecins à travers le territoire québécois limitent le nombre de finissants qui pourront bosser dans la capitale.

Résultat, les patients demeurent plus longtemps à l’hôpital, convient-il. Ce n’est pas idéal, ceux-ci accaparant des lits qui seraient, d’ordinaire, libérés plus vite pour d’autres.

Le Dr Aumond veut cependant rassurer la population. Les patients qui ont besoin de soins de réadaptation sont suivis à l’hôpital en attendant leur transfert vers l’IRDPQ.

Le cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann, n’avait pas réagi au moment de transmettre cet article.

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