Photo : « Beaucoup des enfants de la DPJ ont des enfants eux-mêmes aujourd’hui. Les gens sont conscients qu’il faut les aider, faire quelque chose pour que dans 20 ans, ça aille bien «, dit la coordonnatrice du centre de pédiatrie sociale L’Équipage, Mona Sirois. Le Centre accueillera des familles dès janvier à Rivière-au-Renard, en partie grâce à l’aide du grand public, qui a donné des jouets et des meubles

Pédiatrie sociale: des services aux enfants dans un VR

GASPÉ — Les enfants du côté sud de la Gaspésie devraient avoir accès à des services psychosociaux et médicaux dans un véhicule récréatif à partir de l’été prochain. Le nouveau Centre de pédiatrie sociale Accroche-Cœur prendra ce moyen pour joindre les familles qui passent entre les mailles du système public.

Le Centre de pédiatrie sociale (CPS) va «combler un vide», estime Elsa Cyr, chargée de projet pour la MRC du Rocher-Percé. «On veut atteindre les clientèles qui ne vont pas dans les services traditionnels parce qu’ils sont réticents ou que c’est trop loin de chez eux. On veut créer un corridor de services en utilisant toutes les ressources : publiques, privées et communautaires.»

Le CPS, qui couvrira les MRC Avignon, Bonaventure et du Rocher-Percé, aura deux travailleurs sociaux à mi-temps, un coordonnateur, un pédiatre et une avocate. Ils rencontreront une partie de leurs jeunes patients dans des locaux situés à Chandler et sillonneront les communautés à bord d’un VR pour voir les autres. Il s’agit d’un modèle unique au Québec, adapté à l’immensité du territoire, soit 265 kilomètres de côte et 29 municipalités à couvrir.

Le secteur compte entre 1000 et 2000 enfants vulnérables, estime Mme Cyr. L’Accroche-Cœur souhaite donner des services à au moins 75 de ces enfants pendant sa première année. 

Le premier centre de pédiatrie sociale au Québec a ouvert à la fin des années 1990, à Montréal, sous l’impulsion du Dr Gilles Julien. Ces centres, des organismes sans but lucratif, s’occupent des enfants vulnérables afin de dépister, de réduire ou d’éliminer les stress nuisibles à leur développement.

«On analyse quels sont les besoins de l’enfant, ses forces, et on travaille là-dessus», explique Elsa Cyr.

Partout en Gaspésie 

Il y a aujourd’hui plus de 30 de ces centres au Québec. En Gaspésie, le plus ancien fonctionne depuis 2011 à Cap-Chat, dans la MRC de la Haute-Gaspésie. Un autre ouvrira ses portes sous peu dans la MRC Côte-de-Gaspé.

Si tout se passe comme prévu, toutes les MRC de la Gaspésie auront donc un CPS en opération d’ici un an.

L’Équipage, le CPS de la Côte-de-Gaspé, accueillera des familles dès janvier. L’organisme s’installe dans une habitation à loyer modique de Rivière-au-Renard, pour desservir 40 km de côte, de L’Anse-à-Valleau à Cap-des-Rosiers.

Là-bas aussi, une travailleuse sociale et une coordonnatrice ont été embauchées. Une infirmière praticienne spécialisée, un médecin et une avocate offriront leurs services aux enfants et à leur famille.

«Il faut qu’on se donne la main et qu’on aide ces enfants-là. […] Beaucoup des enfants de la DPJ ont eux-mêmes des enfants aujourd’hui. Les gens sont conscients qu’il faut les aider, faire quelque chose pour que dans 20 ans, ça aille bien», dit la coordonnatrice de L’Équipage, Mona Sirois. 

Mme Sirois estime à 155 le nombre d’enfants vulnérables dans le secteur desservi à partir de Rivière-au-Renard. Le défi est de les emmener vers le CPS. «On va faire une tournée des écoles, des garderies, des partenaires comme les maisons de la famille, pour les rencontrer et voir comment on va fonctionner pour les références.»

L’Équipage mettra aussi sur pied un Garage à musique, un local où les enfants peuvent recevoir une formation sur l’instrument de leur choix. Le CPS embauchera un musicien formé en éducation spécialisée ou en travail psycho-social, et comptera sur l’aide de bénévoles..