Selon une étude parue jeudi matin dans le Canadian Journal of Cardiology, seulement 23,6 % des Québécois consomment les 7 à 10 portions de fruits et légumes recommandées chaque jour. Ils en mangent en moyenne 4,6 portions.

Pas fort sur les légumes, le Québec...

Malgré des campagnes de sensibilisation pratiquement permanentes, moins du quart des Québécois consomment suffisamment de fruits et légumes, selon une étude parue jeudi matin dans le Canadian Journal of Cardiology. Dans l’ensemble, la Belle Province n’obtient pas la «note de passage» et la situation ne semble pas s’améliorer depuis 15 ans.

«Les dernières données du même genre qu’on avait remontaient à 2004. Et selon nos résultats, les efforts pour promouvoir la saine alimentation qui ont été faits depuis n’avaient pas beaucoup de mordant», indique Benoît Lamarche, chercheur en nutrition à l’Université Laval et «auteur senior» de l’étude.

À lire aussi: Les aliments plus chers en 2019, sauf la viande et le poisson

Plus de 1100 personnes dans cinq régions du Québec (Capitale-Nationale, Trois-Rivières, Saguenay, Sherbrooke et Montréal) ont participé à cette dernière entre 2015 et 2017, en donnant des informations sur leurs profils (âge, sexe, éducation, etc.) et en répondant à un questionnaire en ligne où elles devaient détailler ce qu’elles avaient mangé au cours des 24 dernières heures. M. Lamarche et ses collègues ont ensuite intégré ces réponses sur une échelle nommée Healthy Eating Index (version canadienne), qui donne une «note» globale de 0 à 100 pour l’alimentation.

Dans l’ensemble, la note moyenne des Québécois — du moins les francophones, puisque le questionnaire n’a été administré qu’en français — est de 54,5 sur 100. Elle est un peu plus forte, ou en tout cas moins pire, chez les femmes (56/100) que chez les hommes (50/100), de même que chez les gens qui ont un «poids santé» (54,4) que chez les obèses (51,8).

Comme en 2004

Fait à noter, souligne M. Lamarche, l’étude de 2004 avait utilisé cette même échelle et obtenu des résultats à peu près identiques.

D’un groupe d’aliment à l’autre, il ressort que seulement 23,6 % des Québécois consomment les 7 à 10 portions de fruits et légumes recommandées chaque jour — ils en mangent en moyenne 4,6 portions. La différence entre les gens qui ont un diplôme d’études secondaires ou moins, dont 18,5 % mangent assez de fruits et légumes, et ceux qui ont fait des études universitaires (27,6 %), est assez marquée, même si aucun groupe n’est proche d’en consommer suffisamment.

Ajoutons à cela que 80,5 % des sondés ont ingéré plus que les 2300 mg/jour de sodium et que près de trois quarts (74,1 %) ont mangé plus de 10 % de leur énergie sous forme de gras saturés.

Alors, que faire? «C’est toute la question des responsabilités individuelles et des conséquences d’un environnement qui n’est pas favorable à une saine alimentation, avance M. Lamarche. C’est probablement un mélange des deux, mais si on veut faire changer les choses, il va probablement falloir travailler sur l’environnement.» Donc, trouver des manières, par des taxes ou de nouveaux règlements, pour que certains aliments, comme les boissons sucrées, soient moins facilement disponibles.