Ostéopathie: pétition de 19 000 signatures pour un ordre professionnel

Une pétition de près de 19 000 signatures réclamant au gouvernement un engagement ferme d'encadrer la profession d'ostéopathe et de créer un ordre professionnel distinct dans les plus brefs délais a été remise à l'Assemblée nationale, mercredi.
Déposée par le député solidaire Amir Khadir, le texte de la pétition rappelle que des actions ont été entreprises par des ordres professionnels (le Collège des médecins, l'Ordre professionnel de la physiothérapie et l'Ordre des chiropraticiens du Québec) contre le Collège d'études ostéopathiques du Québec et sa clinique externe, et que ces actions «créent un climat d'incertitude quant à la pratique de l'ostéopathie».
La création d'un ordre professionnel distinct permettrait non seulement d'éviter ce genre d'affrontement, mais aussi de standardiser la formation et de définir clairement les exigences liées à la pratique de l'ostéopathie afin de mieux protéger le public, plaide-t-on.
Accessibilité
Mais encore, le fait de réglementer l'ostéopathie par le système professionnel québécois permettrait de rendre celle-ci plus accessible dans le système de santé public, souligne Ostéopathie Québec sur son site Internet. À l'heure actuelle, les consultations ostéopathiques se font exclusivement au privé et sont aux frais du patient (mais remboursables par plusieurs compagnies d'assurances).
Il se pratique quelque 2 millions de consultations ostéopathiques annuellement au Québec, «une approche bénéfique pour la santé dans la mesure où celle-ci est pratiquée par des professionnels compétents», souligne-t-on dans la pétition déposée à l'Assemblée nationale. 
L'ostéopathie est définie par Ostéopathie Québec comme «une approche exclusivement manuelle dont l'objectif est de rétablir la fonctionnalité de toutes les structures et de tous les systèmes du corps humain afin de favoriser sa capacité d'autorégulation». «Dans sa pratique clinique, l'ostéopathe utilise des techniques précises d'ajustement manuel afin de redonner leur mobilité optimale aux os, aux muscles, aux fascias, aux nerfs et aux organes. Cette mobilité rétablit l'équilibre de l'organisme et soulage les symptômes du patient», précise l'organisme.
L'Office des professions du Québec (OPQ) mène depuis 2014 des travaux en vue de concrétiser l'encadrement de la pratique de l'ostéopathie, travaux dont les conclusions sont «ardemment attendues», insistent les pétitionnaires. 
Au cabinet de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, on promet de donner suite rapidement à la proposition de l'OPQ. «La ministre est consciente des préoccupations par rapport à la protection du public. Elle est interpellée, et elle agira dans les meilleurs délais dès qu'elle aura reçu de l'avis de l'OPQ», assure son attachée de presse, Isabelle Marier St-Onge.