Obésité des adolescents: du progrès... chez les familles plus favorisées

Les taux d'obésité plafonnent chez les adolescents depuis quelques années, mais une étude parue lundi montre à quel point les moyennes peuvent être trompeuses. Il semble en effet que le poids santé se répartit comme tant d'autres choses, c'est-à-dire inégalement, et que ce n'est que chez les «ados de bonne famille» que le surpoids recule. Chez les défavorisés, le problème continue de progresser.
L'obésité, c'est bien connu, a littéralement explosé à partir des années 80, passant de 9 % à 17 % chez les ados américains entre 1988 et 2004, mais dans l'ensemble, elle s'est stabilisée depuis, selon ce qu'ont trouvé le trio de chercheurs de Harvard qui a cosigné l'article publié hier dans les Proceedings of the National Academies of Science.
Notons que l'on constate le même plafonnement chez les jeunes au nord de la frontière. Selon Statistique Canada, l'indice de masse corporelle (IMC) moyen chez les Canadiens de 6-17 ans était de 20,03 entre 2009 et 2011, contre 20,19 en 2004. Notons que le «poids santé» est défini comme un IMC entre 18,5 et 25; un résultat entre 25 et 30 constitue de l'embonpoint et l'obésité «commence» à 30.
Statut socioéconomique
Mais les banques de données utilisées par les auteurs de l'article, menés par le sociologue Carl B. Frederick, gardent aussi des renseignements sur le statut socioéconomique des participants (et de leurs parents, dans le cas des mineurs). Et quand on en tient compte, on obtient non pas un, mais bien deux «tableaux» complètement différents: alors que la proportion d'obèses stagne ou même régresse chez les ados dont les parents ont au moins un baccalauréat (elle a fondu d'environ 10 à 7 % au cours des années 2000), elle augmente chez ceux dont les parents n'ont pas dépassé le secondaire (d'environ 20 à 26 % de 2000 à 2010).
Il semble que le nombre de calories ingérées chaque jour ait, en moyenne, diminué plus rapidement chez les ados de familles instruites - celles-ci étant traditionnellement plus sensibles aux campagnes de sensibilisation.
Activité physique
Les ados défavorisés font également moins d'exercice que les autres, ce qui pourrait s'expliquer «par le fait que beaucoup d'enfants de bas statut socioéconomique [SSE] vivent dans des milieux qui ne facilitent pas l'activité physique. L'absence de centres communautaires, de parc ou de trottoir, de même que l'inquiétude des parents [à laisser les enfants jouer dehors dans des quartiers peu sûrs] peuvent contribuer à l'écart. Mais les quartiers ne sont au mieux qu'une partie du problème: la participation aux activités sportives dans les écoles a augmenté chez les ados de haut SSE et diminué chez les ados de bas SSE», observent les auteurs.