Pour la troisième année de suite, la tuberculose frappe la population du Nunavik.

Nouvelle explosion de tuberculose au Nunavik

Pour la troisième fois en autant d'années, le Nunavik connaît une éclosion de tuberculose sur son territoire. Dix-neuf cas y ont été rapportés depuis le début de l'année, selon la Régie régionale de santé et des services sociaux de cette région couvrant le nord du Québec.
«Alors qu'il n'y avait presque plus de cas de tuberculose, on a vu réapparaître la maladie depuis une dizaine d'années et une hausse plus importante des cas depuis 2012. L'année 2017 ne fait pas exception», explique Marie Rochette, directrice adjointe de la santé publique au Nunavik. 
Au total, 42 cas de cette maladie qui faisait des milliers de morts chaque année au Québec au XIXe siècle, avaient été notés au Nunavik en 2015, dont une trentaine dans le village de Salluit, et 41 en 2016, dont une vingtaine à Kangiqsujuaq.
Cette année, cinq cas ont été rapportés à Kuujjuaq, métropole du Nunavik, et une dizaine d'autres dans les communautés de Puvirnituq, Inukjuak, Salluit et Kangiqsualujjuaq, où avait eu lieu la première grande éclosion récente de tuberculose en 2012. Heureusement, aucun décès n'a été rapporté en 2017.
«Le problème avec la tuberculose, c'est que des gens peuvent attraper l'infection et qu'elle peut demeurer latente pendant des décennies. C'est pour ça qu'on a plusieurs cas au Nunavik puisque cette population a été très infectée par la tuberculose au début du XXe siècle jusqu'aux années 50», poursuit Mme Rochette.
Les conditions de vie jouent un rôle
Il reste encore plusieurs cas toujours sous traitement au Nunavik. «Comme c'est une maladie à déclaration obligatoire, la personne doit être isolée deux semaines, soit jusqu'à ce que la médication fasse effet. La médication fonctionne bien, mais c'est un traitement qui est long, soit de quatre à neuf mois, et qui nécessite plusieurs médicaments différents.»
Marie Rochette souligne que l'envergure de chaque éclosion dépend de la rapidité avec laquelle les personnes atteintes peuvent consulter. Il faut donc rehausser la vigilance et la connaissance par rapport aux symptômes et aussi rapidement rechercher les personnes qui ont été en contact avec la personne atteinte pour leur fournir un traitement préventif.
«Les conditions de vie au Nunavik font aussi partie du problème. Avec une pénurie majeure de logements, plusieurs personnes se retrouvent entassées dans de petits logements mal ventilés, ce qui favorise la contagion. L'insécurité alimentaire et les conditions de pauvreté, l'environnement enfumé, puisque plusieurs résidents fument, contribuent également à la maladie», conclut-elle.
Chaque année, plus de 9 millions de cas de tuberculose sont rapportés dans le monde, causant 1,5 million de décès. Le Swaziland est le pays le plus touché avec 1200 cas par 100 000 habitants alors qu'on dénombre seulement quatre cas par tranche de 100 000 habitants au Canada.
Les Inuit du Nunavik, les immigrants récents et les toxicomanes et itinérants de Montréal sont les populations qui regroupent l'essentiel des nouveaux cas de tuberculose apparaissant au Québec chaque année.