Le Dr Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens, ne croit pas que le projet de loi 41 soit révolutionnaire sur le plan de l'accessibilité au réseau de santé.

Nouveaux pouvoirs aux pharmaciens: les médecins veulent les mêmes avantages

Si Québec décide de rémunérer les pharmaciens pour certains de leurs nouveaux actes prévus par le projet de loi 41, les médecins devront recevoir les mêmes avantages, tranche la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).
Le projet de loi 41, modifiant la Loi sur la pharmacie, permettrait notamment aux pharmaciens de fournir, sans l'autorisation d'un médecin, de prolonger ou d'ajuster une ordonnance.
La loi devait entrer en vigueur le 3 septembre 2013, mais les deux parties ne s'entendent pas sur la rémunération des nouveaux actes qui étaient jusqu'ici réservés aux médecins.
S'ils ont donné leur aval au projet de loi en commission parlementaire il y a deux ans - notamment parce qu'ils sont favorables à l'idée que les pharmaciens puissent prolonger des ordonnances -, les médecins ont à l'oeil les négociations entre le ministère de la Santé et l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP).
«S'il y a des choses que les médecins font déjà et pour lesquelles les pharmaciens vont être payés, nous, on va vouloir que les médecins soient payés», a tranché le Dr Louis Godin, président de la FMOQ. «S'il y a des règles qui s'appliquent aux pharmaciens, on va vouloir que ça s'applique aux médecins aussi.»
Il fait notamment référence à la facturation pour les tests de laboratoire, que Québec refuse de payer, selon l'AQPP, forçant les pharmaciens à refiler la facture aux patients.
Si une entente survient entre les pharmaciens et le ministère de la Santé sur cette question, la FMOQ veillera à ce que ses médecins aient les mêmes droits et les mêmes avantages. «On ne veut pas que ce soit du deux poids, deux mesures.»
Bémol sur l'accessibilité
S'il juge que des éléments à l'intérieur du projet de loi 41 sont intéressants, le Dr Godin ne croit toutefois pas qu'il soit révolutionnaire sur le plan de l'accessibilité au réseau de santé, particulièrement pour les conditions mineures. La FMOQ avait d'ailleurs émis son bémol. Lorsqu'elle s'est prononcée pour le projet de loi, la FMOQ «ne pensait pas que ça aurait les effets que les pharmaciens y voyaient», a résumé le Dr Godin.
Sans nier que le quart des Québécois n'a pas accès à un médecin de famille, la FMOQ estime que les services toucheront une clientèle «marginale». «Lorsqu'on parle du suivi des maladies chroniques, les gens qui souffrent ont souvent déjà un médecin de famille. Et quant aux conditions mineures, elles doivent déjà être diagnostiquées par un médecin», a soutenu le Dr Godin.
Le projet de loi 41 a été adopté à l'unanimité en décembre 2011. À la fin août 2013, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, en a reporté son entrée en vigueur.