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Serge Rivet, directeur du centre de recherche du CHU de Québec, Marie-Claude Paré, présidente et chef de la direction de la Fondation du CHU de Québec, Mathieu Beauregard, docteur clinicien et spécialiste en médecine nucléaire au CHU de Québec-Université Laval et Martin Beaumont, président-directeur général du CHU de Québec-Université Laval
Serge Rivet, directeur du centre de recherche du CHU de Québec, Marie-Claude Paré, présidente et chef de la direction de la Fondation du CHU de Québec, Mathieu Beauregard, docteur clinicien et spécialiste en médecine nucléaire au CHU de Québec-Université Laval et Martin Beaumont, président-directeur général du CHU de Québec-Université Laval

Nouveau traitement personnalisé pour les patients atteints du cancer au CHU de Québec

Érika Bisaillon
Érika Bisaillon
Le Soleil
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Grâce à une approche unique au CHU de Québec dans laquelle chaque traitement en oncologie est ajusté selon les caractéristiques du patient, Marco Labrie a retrouvé une qualité de vie après des années à souffrir d’un cancer extrêmement rare, la carcinose péritonéale.

«J’ai un cancer très rare qui touche une personne sur un million. Et je m’étais fait deux promesses si je réussissais à rester en vie: épouser ma blonde et aider les gens», témoigne Marco Labrie.

La Fondation du CHU de Québec a dévoilé mardi ses nouvelles chaires de recherche hospitalière, dont une en théranostique, à l’approche de l’inauguration du cyclotron, une machine qui produit des radio-isotopes, des marqueurs utiles à la recherche et à la détection de maladies.

Théranostique

La théranostique consiste en des traitements étroitement associés à l’imagerie diagnostique. Il s’agit d’une forme de radiothérapie donnée en médecine nucléaire qui utilise des médicaments radioactifs capables de se fixer au cancer, peu importe sa localisation dans le corps du patient, explique Jean-Mathieu Beauregard, docteur clinicien et spécialiste en médecine nucléaire au CHU de Québec-Université Laval.

Contrairement à plusieurs traitements conventionnels donnés à l’aveugle, la théranostique offre la possibilité de savoir à l’avance si le traitement aura du succès. Plus encore, cette méthode permet aussi aux médecins d’imager la progression du traitement afin d’offrir une approche personnalisée aux patients, ce qui distingue le CHU de Québec-Université Laval des autres centres de théranostique. Jean-Mathieu Beauregard a donc développé une approche unique dans laquelle chaque traitement est ajusté selon les caractéristiques du patient.

Le directeur du centre de recherche du CHU de Québec, Serge Rivet, ajoute qu’il s’agit d’une ouverture à une plus grande variété de traceurs radioactifs utiles pour la théranostique afin de développer de nouveaux traitements ici-même à Québec. «On pourrait se servir des isotopes fabriqués par le cyclotron, qui sera livré avec le centre intégré en cancérologie, pour soigner les patients. C’est une toute nouvelle approche et à Québec, on possède l’expertise nécessaire», souligne Serge Rivet.

Chaire de recherche en théranostique

Cette chaire aura trois principaux objectifs. Dans un premier temps, chez les patients atteint du cancer de la prostate avancée, le CHU souhaite comparer les résultats de son approche personnalisée à ceux de traitements plus conventionnels. Aussi, chez les patients atteints du cancer de la prostate et d’autres formes de cancers plus rares comme les tumeurs non-endocrines, l’équipe souhaite développer des approches théranostiques qui utiliseront des radio-isotopes plus puissants que ceux communément utilisés à ce jour. Enfin, l’équipe tient à explorer une nouvelle approche théranostique qui sera capable de cibler une plus grande variété de cancers, bénéficiant donc à un plus grand nombre de patients.

Au-delà de l’avancé de la science, la retombée directe et concrète sera l’accessibilité à ces traitements – offerts dès aujourd’hui – aux patients atteints de cancer, avant même leur commercialisation.

750 000$ par chaire de recherche

La Fondation du CHU de Québec écarte donc le modèle traditionnel de chaire de recherche et confère à ses nouvelles chaires une approche plus adaptée aux besoins des chercheurs. Il s’agit donc principalement de chaires destinées à la recherche clinique.

La Fondation s’engage à trouver le financement et à investir 750000 $ par chaire durant les prochaines années pour assurer la pérennité du projet de recherche. «Il s’agit d’une toute nouvelle façon de donner et de contribuer à changer des vies», estime Marie-Claude Paré, présidente et chef de la direction de la Fondation du CHU de Québec.

Ces chaires se collent ainsi aux quatre axes de la mission de la Fondation puisqu’elles permettent de financer de l’équipement de toutes sortes, de soutenir le recrutement de chercheurs ou encore d’assurer la formation et l’humanisation des soins par son lien étroit avec son patient.

«Les chaires de recherche nous aideront à développer un centre de recherche en théranostique de calibre mondial et à soigner des patients à l’aide d’isotopes», témoigne Martin Beaumont, président-directeur général du CHU de Québec-Université Laval, qui estime l’approche innovante et motivante pour les chercheurs afin de développer de nouvelles pratiques.

«Je vois la chaire de recherche comme un lien entre la fondation, le CHU de Québec, le centre de recherche du CHU de Québec et nos patients. C’est un tour de force que de prendre un paquet de morceaux de casse-tête et de nous donner une vision commune», poursuit Martin Beaumont.

Premiers résultats

C’est dans le cadre d’essais cliniques que Marco Labrie est devenu l’un de premiers patients à avoir bénéficié de ce type de traitements au Québec. Le cancer dont il souffre depuis plusieurs années affectait sa qualité de vie et l’approche novatrice lui a permis de la retrouver.

Marco Labrie est également à l’origine des événements-bénéfices Concert pour la vie qu’il organise afin de soutenir financièrement la recherche clinique en oncologie au CHU. Les fonds récoltés à l’occasion des prochaines éditions seront destinés à la Chaire de recherche hospitalière en théranostique.