La FIQ, ou Fédération interprofessionnelle de la santé, représente la grande majorité des infirmières et infirmières auxiliaires du Québec, avec 76 000 membres.

Négos du secteur public: le front commun amputé de 130 000 syndiqués

MONTRÉAL — Les prochaines négociations du secteur public se dérouleront au moins en partie avec un nouveau front commun santé-services sociaux, puisqu’une alliance historique vient d’être formée entre la FIQ et l’APTS pour représenter 130 000 membres.

Des «discussions» pourraient tout de même avoir lieu avec un éventuel front commun intersyndical, mais, pour le moment, l’alliance se limite à la FIQ et à l’APTS.

La FIQ, ou Fédération interprofessionnelle de la santé, représente la grande majorité des infirmières et infirmières auxiliaires du Québec, avec 76 000 membres. Depuis plusieurs années, elle fait cavalier seul, ne négociant pas avec le front commun intersyndical.

La nouveauté réside dans le fait que l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) a décidé de s’allier avec la FIQ cette fois-ci. Lors des dernières négociations du secteur public, l’APTS faisait partie du front commun intersyndical, avec les grandes organisations syndicales: la FTQ, la CSN, la CSQ et le SFPQ.

L’APTS représente des techniciennes en laboratoire, des physiothérapeutes, des nutritionnistes et autres professionnelles et techniciennes dans la santé et les services sociaux. Elle compte 55 000 membres.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, jeudi, la présidente de l’APTS, Carolle Dubé, a expliqué que ce sont ses membres qui ont fait ce choix de s’allier avec la FIQ, parce que les membres des deux organisations vivent des problèmes qui leur sont propres dans le secteur de la santé et des services sociaux.

«On n’est pas fermé à avoir des contacts» avec le front commun intersyndical, «ça ne veut pas dire qu’on n’aura pas d’alliance» avec d’autres, mais les membres estiment vivre des problèmes «spécifiques» auxquels ils veulent absolument s’attaquer et à fond.

«Ça a été dur dans notre secteur» de la santé et des services sociaux, a insisté Mme Dubé.

Si jamais l’alliance FIQ-APTS décidait de se rapprocher d’un éventuel front commun, «on va le décider ensemble», a précisé Mme Dubé. Mais la FIQ fait bande à part depuis des années et mène ses propres négociations. La FIQ jouit en effet d’un capital de sympathie exceptionnel de la part du public, ce qui l’a bien servie lors de ses négociations avec Québec. C’est ainsi qu’elle a pu négocier des projets pilotes de ratios professionnels en soins-patients.