Le Bureau de normalisation du Québec propose une grille pour déterminer quel type de professionnel peut entrer chez vous et déterminer correctement le remède à appliquer contre les moisissures.

Moisissures: un ménage dans l'industrie du nettoyage

Le Bureau de normalisation du Québec fait le ménage dans l’industrie du nettoyage de la moisissure!

«Il y a, en ce moment, une absence de référence dans la réglementation», observe la normalisatrice Mélanie Robitaille. «Il n’y a aucun document québécois qui fait la synthèse des bonnes pratiques pour investiguer la présence de moisissures et pour décontaminer.»

Sans encadrement, à peu près tout le monde peut devenir «spécialiste». La compétence et les pratiques de chacun varient donc. «Il n’y a pas d’exigences de qualifications. Tous les types de problèmes peuvent être traités par toute sorte de personnes qui n’ont pas nécessairement les qualifications requises ou qui, d’autre part, ne suivent pas une procédure établie.»

Le Bureau de normalisation propose donc une grille pour déterminer quel type de professionnel peut entrer chez vous et déterminer correctement le remède à appliquer. 

«L’habitation, c’est l’endroit où on passe le plus de temps dans notre vie. Donc on veut s’assurer que ce soit sain», enchaine Mme Robitaille. «Et aucune habitation n’est à l’abri [de la moisissure] s’il y a un déficit d’entretien ou s’il y a une mauvaise conception.»

«Il y a toujours des cas qui font les manchettes de manière récurrente», poursuit-elle. Une norme claire permettra à ces personnes éprouvées de demander que les travaux soient effectués selon des pratiques reconnues. «On veut prévenir des drames ou du stress aux gens parce que la maison est souvent le plus gros investissement. […] La meilleure protection du public va venir par la connaissance de l’existence de la norme et par le fait que les gens vont exiger que les exigences soient suivies.»

Pas obligatoire

«On souhaite que toute personne qui fait de l’investigation et de la décontamination suive les exigences de la norme», insiste-t-elle. Les normes édictées par le Bureau de normalisation n’ont cependant pas force réglementaire; personne n’est obligé de s’y soumettre, convient Mme Robitaille. 

Les mairies peuvent, par contre, inscrire dans leurs règlements que ces recommandations doivent être respectées. «Ce serait souhaitable que la norme entre dans la réglementation de plusieurs municipalités pour la rendre obligatoire sur leur territoire.»

Dans le document produit par le Bureau de normalisation du Québec, il y a des annexes qui pourraient intéresser le grand public. Notamment des «bonnes pratiques» pour éviter la prolifération des moisissures, autant durant la construction d’une maison que lorsqu’elle est habitée. Il y a également une liste des produits disponibles dans les commerces pour l’élimination de la moisissure avec l’évaluation de leurs avantages et de leurs inconvénients.

Il y a présentement une consultation publique sur le document produit par le Bureau de normalisation. La norme entrera en vigueur au cours de 2019.

Des détails sur le Web : www.bnq.qc.ca/fr/consultations.html