Mme Carole Grant, présidente de l’OIIAQ, est d’avis que les compétences des infirmières auxiliaires sont trop souvent sous-utilisées, particulièrement dans certaines régions, où elles doivent parfois faire le travail des préposés aux bénéficiaires en raison de la pénurie.

Mieux utiliser les infirmières auxiliaires

L’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ) estime que ses 28 000 membres ne sont pas utilisées à leur plein potentiel. Une meilleure reconnaissance de leurs compétences contribuerait pourtant à soulager le réseau de la santé, plaide-t-il.

L’OIIAQ est actuellement en tournée dans toutes les régions du Québec pour échanger avec les différents acteurs du réseau sur le rôle essentiel des infirmières auxiliaires dans les équipes multidisciplinaires. 

Ces professionnelles, rappelle l’Ordre, prodiguent un large éventail de soins aux patients dans de nombreux secteurs et milieux de soins (hôpitaux, groupes de médecine familiale [GMF], CHSLD, CLSC, soins à domicile et soins palliatifs, par exemple). Elles peuvent notamment contribuer à l’évaluation du patient, administrer des médicaments, effectuer des prélèvements sanguins, dispenser des soins reliés aux plaies et installer des cathéters intraveineux . 

Malheureusement, les compétences des infirmières auxiliaires sont trop souvent sous-utilisées, observe la présidente de l’OIIAQ, Carole Grant, en entrevue au Soleil. Particulièrement dans certaines régions, où les infirmières auxiliaires doivent parfois faire le travail des préposés aux bénéficiaires en raison de la pénurie. «Elles veulent faire le travail pour lequel elles ont été formées», dit Mme Grant.

Selon elle, il semble y avoir une «méconnaissance» du champ d’exercices des infirmières auxiliaires, qui a été élargi en 2003 avec la loi 90. «Les soins des plaies, par exemple, c’est un champ qu’on partage avec les infirmières [bachelières et techniciennes]. Mais ça, il faut le rappeler, tant aux établissements qu’aux équipes de soins. C’est de l’éducation qu’il faut faire», croit-elle. 

Temps supplémentaire

Selon Carole Grant, la pleine reconnaissance du champ d’exercices des infirmières auxiliaires pourrait aussi contribuer à régler le problème du temps supplémentaire obligatoire. Elle rappelle que seulement 41 % des infirmières auxiliaires occupent un poste à temps plein dans le réseau, une proportion que l’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a promis d’augmenter à 50 % d’ici 2020. «Oui, pour certaines, c’est un choix de travailler à temps partiel, mais pas pour d’autres, qui voudraient bien travailler plus que deux jours par semaine», souligne Mme Grant.

Pour la présidente de l’OIIAQ, essayer une infirmière auxiliaire, c’est l’adopter. Elle cite l’exemple des GMF, qui ne comptaient que 14 infirmières auxiliaires dans leurs équipes en 2014. Aujourd’hui, elles sont 600 en GMF, les médecins ayant compris qu’ils avaient tout avantage à intégrer ces professionnelles. «Elles reçoivent les patients, prennent leurs signes vitaux, leur liste de médicaments...» rappelle Carole Grant.

Mme Grant souhaite maintenant que les infirmières auxiliaires soient plus nombreuses dans d’autres milieux de soins, notamment dans les blocs opératoires et en endoscopie. 

Pendant la campagne électorale, la présidente de l’OIIAQ a rencontré les deux élus caquistes pressentis pour diriger le ministère de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann et Lionel Carmant, qui lui auraient dit vouloir valoriser la profession d’infirmière auxiliaire. «J’ai hâte de voir ce qu’ils vont faire, en pratique...»