Pour l’Association des travailleurs du préhospitalier, le nerf de la guerre demeure l’argent, qui freinerait la volonté du CIUSSS d’ajouter des ambulances lors de surcharges d’appels.

Manque d’ambulances: «Nous sommes embourbés dans une spirale de bureaucratie» dénoncent les paramédics

Les paramédics ne lâchent pas le morceau : il manque bel et bien d’ambulances à Québec, et il est temps d’agir maintenant, «pas dans les prochains mois».

L’Association des travailleurs du préhospitalier (APTH-CSN) a diffusé mardi un communiqué en réaction à notre reportage sur le manque d’ambulances dans la capitale. Une porte-parole du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale y affirmait que les derniers ajouts d’heures de temps d’ambulance venaient de se faire et qu’il était encore trop tôt pour en mesurer les effets. 

La ministre de la Santé y déclarait quant à elle par la voie de son attaché de presse qu’elle était bien au fait des problèmes d’effectifs ambulanciers dans certaines régions, qu’il fallait réévaluer les façons de faire et que des rencontres avec les intervenants du monde ambulancier étaient prévues au cours des prochains mois. La ministre McCann serait prête à ajouter des ambulances à Québec, mais seulement «après étude sérieuse» des besoins.

«Le problème n’est pas nouveau dans la région, tous les ajouts faits au cours des dernières années n’ont fait que mettre un diachylon sur une hémorragie», dénonce le président de l’APTH, Frédéric Maheux, qui a sonné l’alarme sur le manque d’effectifs ambulanciers à Québec au cours des dernières semaines, notamment à la suite du décès d’une dame de 70 ans dans le stationnement de l’hôpital Chauveau le 20 décembre. 

Lisette Deslauriers, qui avait un stimulateur cardiaque, avait été forcée de se rendre au centre hospitalier par ses propres moyens à cause d’un manque allégué d’ambulances.

Pour le syndicat, le nerf de la guerre demeure l’argent, qui freinerait la volonté du CIUSSS d’ajouter des ambulances lors de surcharges d’appels. 

Le président de l’ATPH réfute l’affirmation du CIUSSS voulant que le Centre de communication santé des capitales (CCSC) puisse, dans une situation comme celle vécue par Lisette Deslauriers, ajouter des véhicules par lui-même, sans passer par le CIUSSS. «Il n’y a plus aucun mécanisme en place qui permet l’ajout de véhicules au CCSC, contrairement à ce que le CIUSSS laisse entendre», affirme Frédéric Maheux.

«Nous sommes embourbés dans une spirale de bureaucratie, et, pendant ce temps, des appels d’ambulances qui sont prioritaires sont en attente», dénonce-t-il, déplorant que le CIUSSS et le CCSC se renvoient la balle sur la responsabilité des ajouts d’effectifs.

«C’est le temps de passer de la parole aux actes. Les ajouts doivent se faire sentir sur la route dans les prochains jours, et non dans les prochains mois», réclame le président de l’APTH.