Malgré l’ajout en 2018 de 40 000 heures de temps d’ambulances par année, le problème du manque d’ambulances persiste. Diminuer la rétention des civières serait une manière de réduire le temps de réponse.

Manque d'ambulances: de l'air pour les paramédics

Tout laisse croire que le cri d’alarme lancé par les paramédics pour dénoncer la piètre couverture ambulancière dans la région de Québec a finalement été entendu. L’annonce de nouvelles mesures pour améliorer le temps de réponse doit être faite d’ici deux semaines.

Le Soleil a appris que le CIUSSS de la Capitale-Nationale et le cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann, sont toujours en discussions pour attacher les derniers fils d’une série de mesures afin d’améliorer la couverture ambulancière. 

Le dossier est devenu très sensible depuis la dénonciation de l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH). Avant les fêtes, son président, Frédéric Maheux, alléguait que le manque d’ambulances provoquait des délais dans les temps de réponse et mettait des vies en danger.

Le Soleil révélait aussi la fin tragique de Lisette Deslauriers, 70 ans, décédée le 20 décembre dans le stationnement de l’Hôpital Chauveau, possiblement des suites d’une crise cardiaque. Elle a été forcée de se rendre à l’hôpital par ses propres moyens à cause du manque allégué d’ambulances.

En janvier, l’ATPH revenait à la charge en dénonçant un second décès, toujours lié au manque d’ambulances.

Depuis le décès de Mme Deslauriers, sa fille, Annie Gignac, livre bataille pour éviter que la situation se reproduise. Elle a demandé au maire Régis Labeaume de joindre sa voix à la sienne pour convaincre les autorités d’ajouter des ambulances et mieux protéger la population de Québec. Aussi, elle a créé la page Facebook Le projet Grand-Mère pour recueillir des appuis dans sa tentative de changer les choses. 

La ministre s’en mêle

De son côté, la ministre McCann, a pris le dossier sous son aile. D’ailleurs, le CIUSS a redirigé jeudi Le Soleil au cabinet de la ministre pour toute demande d’information. «Tout ce que je peux vous dire, c’est que le canal de communication est toujours ouvert», a commenté son attaché de presse, Alexandre Lahaie, sans vouloir confirmer qu’une annonce sera faite prochainement.

L’employeur des paramédics, la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ), prend aussi part aux discussions. Dans une récente note de service, la direction disait être consciente de la surcharge de travail et des «conditions de travail inacceptables».

La façon de réduire le temps de réponse pourrait prendre plusieurs formes. Outre une hausse du nombre d’ambulances en circulation, les discussions portent sur la rétention des civières. 

En temps normal, les ambulanciers devraient quitter l’hôpital 45 minutes après y avoir conduit le patient. Actuellement, les paramédics peuvent y passer plus de deux heures par manque de lits ou parce que le personnel de l’urgence est lui-même débordé. 

Le problème du manque d’ambulances persiste malgré l’ajout en 2018 de 40 000 heures de temps d’ambulances par année, l’équivalent de 18 travailleurs à temps plein.