Mardi, vers 8h25, les ambulanciers ont reçu un appel de priorité 1 pour un octogénaire inconscient, diabétique, et en état d’hypoglycémie.

Manque d'ambulances à Québec: un second décès dénoncé par les ambulanciers

Les ambulanciers de Québec dénoncent un second décès en quelques semaines, faute d’un manque d’ambulances pour répondre à l’appel. Les paramédics et les autorités de santé se renvoient la responsabilité. La ministre de la Santé, Danielle McCann, promet pour sa part de rencontrer bientôt les ambulanciers.

Mardi, vers 8h25, les ambulanciers ont reçu un appel de priorité 1 pour un octogénaire inconscient, diabétique, et en état d’hypoglycémie. 

Selon le président de l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH), Frédéric Maheux, les ambulanciers auraient dû mettre une dizaine de minutes pour se rendre sur les lieux. Mais il a fallu 16 minutes pour trouver une ambulance. Les ambulanciers ont par la suite mis 13 minutes pour se rendre chez le patient.

«Ils ont trouvé la victime inconsciente et pendant la prise en charge, le patient a fait un arrêt cardiaque. La manœuvre de réanimation n’a pas marché et la victime est décédée», a pesté M. Maheux. 

Le président de l’ATPH ne sait pas si le patient serait encore en vie si l’ambulance était arrivée plus tôt sur les lieux. «Une chose est sûre, on n’a pas assez d’ambulances et le CIUSSS pourrait mettre en place des solutions à court terme, mais ils attendent des nouvelles du ministère de la Santé et le ministère attend les statistiques», a-t-il dénoncé.

Qui est responsable?

Mise au courant de la situation, la ministre de la Santé, Danielle McCann rencontrera les ambulanciers prochainement. «Une rencontre est prévue et nous sommes ouverts à ajouter des ambulances, mais on attend les résultats de l’étude des besoins», a mentionné Monique Guay, directrice des communications du cabinet de la ministre McCann. En attendant, tout le monde se renvoie la responsabilité des évènements.

Du côté du CIUSSS, on renvoie la balle vers le Centre de communication santé des Capitales. «Une analyse a été demandée par le CIUSSS au Centre de communication santé des Capitales. Elle est en cours. Il est prématuré à l’heure actuelle de tirer des conclusions hâtives. Les ajouts de véhicules ambulanciers au quotidien sont sous la responsabilité du Centre de communication santé des Capitales», a dit par courriel, la porte-parole du CIUSSS, Annie Ouellet.  

Selon la directrice générale du Centre de communication santé des Capitales, Joanne King, son organisme n’a rien à se reprocher et la situation était exceptionnelle. «On a dû faire face à un fort achalandage et on s’est retrouvé dans un goulot d’étranglement sans pouvoir voir venir la situation. On a travaillé fort pour trouver un véhicule», a-t-elle expliqué. Mais Mme King assure qu’une évaluation a été faite et que le décès n’est pas relié à l’arrivée tardive de l’ambulance. 

La directrice générale affirme également que son organisme met sur la route de manière ponctuelle les ambulances nécessaires, mais qu’il n’y aura «jamais 100 % entre l’offre et la demande» et que parfois, il peut avoir des situations exceptionnelles.

Si Mme King reconnaît sa responsabilité dans l’ajout d’ambulance quand c’est nécessaire, elle renvoie la responsabilité de la flotte régulière dans la cour du CIUSSS. «On a toute la latitude pour ajouter de manière ponctuelle des ambulances, mais on n’a pas le pouvoir de rehausser la flotte régulière. Nous, on fait avec les ressources qu’on peut mettre sur la route.»

En effet, le CIUSSS de la Capitale-Nationale s’est vu octroyer un ajout de 23 000 heures par le ministère de la Santé en 2018, mais ces heures supplémentaires ne suffisent plus pour répondre aux appels, selon M. Maheux. «Ça a légèrement allégé la charge de travail, mais c’est mettre un plasteur. C’est pire maintenant. Il y a de plus en plus d’appels avec la population qui vieillit et les urgences qui débordent. C’est rendu qu’on fait appel aux ambulances de Portneuf et Beaupré et là encore on fait de l’overtime», s’est-t-il offusqué.

«Les ambulances, on les a, le personnel aussi avec la liste de rappel. Nous, ce qu’on demande, c’est une planification d’avance du nombre d’ambulances et non de décider à la dernière minute si on ajoute des ambulances», a-t-il plaidé. «Lundi, avec le carambolage dans la Réserve faunique des Laurentides, le CIUSSS a mis trois heures avant d’autoriser une nouvelle ambulance», a-t-il poursuivi. 

Labeaume veut des réponses

Lundi, lors du conseil municipal, le maire de Québec a été interpellé par Annie Gignac, la fille d’une dame décédée avant les Fêtes dans le stationnement de l’Hôpital Chauveau, faute d’avoir pu obtenir un transport ambulancier dans un temps jugé raisonnable.

Le maire Labeaume a promis de questionner le CIUSSS. «Si on peut faire quelque chose, vous pouvez compter complètement sur nous. Comptez, madame, sur notre appui», a-t-il répondu alors qu’il doit rencontrer prochainement la direction du CIUSSS.