Pour éviter la propagation, Le CSSS de la Haute-Côte-Nord a fermé sa clinique d'ophtalmologie, a mis en place des cliniques spéciales en soirée afin de recevoir les personnes atteintes et a rehaussé ses mesures de contrôle et de prévention des infections.

Manicouagan: l'épidémie de conjonctivite s'étend toujours

L'épidémie de conjonctivite dans La Manicouagan a fait une quarantaine de nouvelles victimes en fin de semaine, portant à 320 le nombre de personnes atteintes depuis la mi-janvier. Les autorités sanitaires, qui ont fait le point hier matin, se font toutefois rassurantes et estiment que cette éclosion va s'estomper d'elle-même dans les prochaines semaines.
L'hypothèse qu'une personne infectée ait contaminée la clinique d'ophtalmologie de l'hôpital de Baie-Comeau semble se vérifier, a indiqué Manon Gingras, médecin-conseil à la Direction de la santé publique de la Côte-Nord.
C'est pourquoi cette clinique est fermée pour la semaine pour une grande désinfection et, lors de sa réouverture, le spécialiste n'y recevra pas de cas de conjonctivite. Ces derniers seront plutôt traités dans des locaux à part.
La méthode de désinfection des équipements n'est pas en cause, a assuré le directeur des services professionnels au centre de santé, Roger Dubé. «Les techniques de désinfection sont standards, comme dans les autres établissements de santé, mais elles ne sont pas efficaces contre l'adénovirus [responsable de la conjonctivite]. Nous allons maintenant appliquer d'autres techniques qui vont contrer ça», a lancé le médecin.
Les autorités ont aussi signalé que la conjonctivite se caractérise par une longue période d'incubation et une longue période de contagion possible. L'incubation est plus préoccupante, selon le docteur Gingras, car la personne atteinte ne présente pas de symptôme.
L'adénovirus est très virulent, facilement transmissible par contact et survit bien sur les surfaces solides comme les tables et les poignées de porte, a enchaîné Mme Gingras. Pour éviter sa propagation, il faut se laver souvent les mains avec de l'eau et du savon, car la bestiole est passablement résistante au gel alcoolisé, mieux connu sous le nom commercial de Purel.
Finalement, la santé publique ne recommande pas d'isoler les personnes atteintes, sauf s'il s'agit de travailleurs de la santé. On recommande plutôt d'augmenter les mesures d'hygiène. Actuellement, une cinquantaine d'employés du centre hospitalier de Baie-Comeau ont contracté le virus. En vigueur depuis vendredi, l'interdiction des visites aux patients de l'hôpital est maintenue jusqu'à nouvel ordre.