Jany Harvey, kinésiologue et professionnelle de recherche à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, effectue le suivi à domicile du patient Jacques Milot qui exécute des exercices chez lui. Le tout par le Web.

Maladie pulmonaire: guérir chez soi grâce au suivi virtuel

Quelques dizaines de patients de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) quitteront rapidement l’hôpital au cours des trois prochaines années, des équipements médicaux et un vélo stationnaire sous les bras!

Un nouveau projet de recherche vient d’être lancé pour des personnes souffrant de la maladie pulmonaire obstructive chronique. «Souvent, ce sont des patients qui ont beaucoup fumé», note François Lellouche, médecin chercheur. Des patients qui sont durement frappés lorsqu’une pneumonie ou une bronchite les terrasse.

Ceux-là se retrouvent alors à l’hôpital. À l’IUCPQ, ils sont jusqu’à 700 chaque année à être alités, médicamentés et branchés sur une réserve d’oxygène. «Souvent, ça dure de 8 à 10 jours l’hospitalisation.» Puis, même une fois partis, plusieurs subissent des complications et reviennent à l’hôpital. 

C’est là que le Dr Lellouche et son équipe comptent intervenir. Ils espèrent démontrer que les malades peuvent rentrer rapidement à la maison équipés d’un appareil gérant leur oxygénothérapie et d’un vélo d’exercice afin de se remettre sur pied dans le confort de leur foyer. Démontrer également que ce suivi réduit grandement les réhospitalisations.

Télémédecine

Jeudi, à l’écran, il y avait Jacques Milot, le premier à profiter du service. Suivant les instructions de la kinésiologue Jany Harvey, il a pédalé pour les journalistes, il a fait quelques exercices de musculation. Les appareils sur lesquels il était branché affichaient en direct son rythme cardiaque, le taux d’oxygène dans son sang, et d’autres chiffres sans doute significatifs pour le personnel médical… mais que nous ne pourrions expliquer!

Durant quatre semaines, il a ainsi eu des rendez-vous virtuels de réadaptation au cours desquels il a fait des exercices. Durant la séance d’une heure, il a également reçu des conseils de santé, des informations sur sa maladie et le traitement.

Entre ces échanges sur le Web, le patient reste connecté en permanence. Un capteur sans fil au bout de son doigt transmet chaque heure des relevés à l’équipe de l’IUCPQ.

Les consultations sur le Web n’éliminent toutefois pas les contacts humains. Au cours du suivi à domicile, le patient recevra environ six visites.

Une journée d’hospitalisation coûte entre 1000 $ et 1500 $, poursuit François Lellouche. Il pense que des économies importantes pourraient résulter du traitement des malades à leur domicile.

Soulignons que le Dr Lellouche a un intérêt commercial dans cette étude. L’appareil fourni aux patients, le FreeO2 est vendu par une entreprise qu’il a cofondée avec un collègue. L’IUCPQ appuie le développement du produit créé par les chercheurs de Québec.

La recherche durera trois ans et bénéficie d’un financement de 400 000 $ des Instituts de recherche en santé du Canada. Durant ces trois années, une cinquantaine de patients recevront les soins à domicile.