Tous les patients déjà inscrits auprès d’un médecin de famille dans une autre clinique médicale sont invités à se référer d’abord à leur clinique pour une évaluation, insiste la directrice générale de MAclinique Lebourgneuf, la Dre Chantal Guimont.

MAclinique Lebourgneuf réduit l’accès à son service d’urgence mineure

Afin de limiter «l’achalandage monstre» à son urgence mineure, MAclinique Lebourgneuf réserve celle-ci à la clientèle qui a «un besoin spécifique urgent». Tout patient ne répondant pas à certains critères sera systématiquement refusé, avise la directrice médicale de la superclinique du boulevard Lebourg­neuf, la Dre Chantal Guimont.

Avec la fermeture de quatre services de consultation sans rendez-vous accessibles à toute la population (inscrite ou non à un médecin de famille) à Québec au cours de la dernière année, la pression sur les cliniques et les supercliniques s’est accentuée.

Présentée en mai dernier par le ministre Gaétan Barrette comme «une super superclinique» en mesure d’offrir 98 heures d’accessibilité par semaine aux gens de Québec, MAclinique Lebourgneuf connaît depuis son ouverture une affluence qui dépasse ses capacités.

La semaine dernière, la Dre Chantal Guimont a envoyé un message à «tous les services de santé de la région de Québec» dans lequel elle mentionne que l’urgence mineure est réservée à ses patients et à la clientèle orpheline «présentant une condition médicale urgente». Le service est aussi offert aux «patients ayant un médecin de famille ailleurs qu’au GMF MAclinique Lebourgneuf dont le médecin n’est pas disponible [après démarche appropriée] ET qui présentent une condition médicale urgente», ajoute la Dre Guimont.

La directrice médicale de MAclinique Lebourgneuf souligne qu’un triage systématique des patients qui se présentent à l’urgence mineure est effectué par des infirmières «qui refuseront tout patient ne répondant pas aux conditions ci-haut mentionnées».

Tous les patients déjà inscrits auprès d’un médecin de famille dans une autre clinique médicale sont invités à se référer à leur clinique pour une évaluation, insiste la Dre Chantal Guimont, selon qui «il en va de la responsabilité de chaque clinique médicale d’offrir les disponibilités nécessaires pour soigner sa propre clientèle, et de la responsabilité des patients de consulter leur propre clinique médicale d’abord».

Cette décision de mettre en place certaines règles «va nous permettre d’accueillir des patients avec un problème urgent beaucoup plus tard qu’il n’est possible de le faire actuellement», explique la Dre Guimont. 

Étant donné «l’énorme achalandage», le sans rendez-vous de MAclinique Lebourgneuf doit parfois verrouiller ses portes bien avant l’heure de sa fermeture (22h) «et ainsi refuser des patients qui ont potentiellement un problème urgent pour lequel aucune autre ressource n’est disponible, sauf les urgences hospitalières», ajoute la Dre Guimont.

«Un certain laxisme»

Au bout du fil, lundi, la directrice médicale de MAclinique Lebourg­neuf a affirmé qu’il ne s’agissait pas là de nouvelles règles. «C’est ça le modèle des GMF-R [pour groupes de médecine familiale réseau, ou supercliniques]», a dit la Dre Guimont, selon qui il n’y a «pas de nouvelle là». 

Si elle a envoyé un message à tous les services de santé de la région de Québec, c’est parce qu’elle a noté «un certain laxisme avec le temps». «Il y a des patients qui arrivent ici après s’être fait dire de consulter à MAclinique […]. On recevait régulièrement des gens qui ont un médecin de famille ailleurs et qui ne présentaient pas de problèmes de santé urgents», explique-t-elle.

La Dre Chantal Guimont assure que «si quelqu’un fait une crise cardiaque, on va le voir», et que toute personne qui présente une condition urgente est évaluée.


« On recevait régulièrement des gens qui ont un médecin de famille ailleurs et qui ne présentaient pas de problèmes de santé urgents »
Dre Chantal Guimont, directrice médicale de MAclinique Lebourgneuf

En novembre, Le Journal de Québec rapportait que la superclinique fermait à l’occasion temporairement les portes de son urgence mineure lorsque le délai d’attente pour être évalué par une infirmière dépassait deux heures, avec la bénédiction du ministre Barrette.

Le programme de supercliniques a eu comme effet pervers la fermeture de trois services de consultation sans rendez-vous accessibles à tous depuis avril dernier, soit ceux de la Clinique médicale Pierre-Bertrand, du Centre médical de Charlesbourg et de la Clinique médicale Giffard.

Le CLSC Haute-Ville a également fermé en mars son sans rendez-vous à la clientèle non inscrite, conséquence de la loi 20, qui oblige les médecins à prendre en charge plus de patients et à être plus assidus auprès d’eux.

Surprise et incompréhension

Où aller pour éviter les urgences des hôpitaux si on n’a pas de médecin de famille ou si on est incapable d’avoir un rendez-vous rapidement à notre clinique, faute de plages disponibles?

Nous avons posé la question au directeur des services professionnels du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Pierre Laliberté, qui nous a admis sans détour avoir été «surpris» par le message envoyé par la directrice médicale de MAclinique Lebourgneuf.

«Je suis surpris et j’avoue que je ne comprends pas. Quand un patient considère qu’il a besoin de voir un médecin, il doit pouvoir aller dans un service de sans rendez-vous de superclinique. Ma compréhension du programme de GMF-R, c’est que les cliniques doivent offrir un service de consultation sans rendez-vous» aux patients qui n’ont pas de médecin de famille ou qui ne sont pas capables d’avoir un rendez-vous rapidement à la clinique où ils sont inscrits, a réagi M. Laliberté, qui compte obtenir des explications auprès de la Dre Guimont.

Selon lui, réserver les consultations sans rendez-vous aux patients présentant une condition médicale urgente, «non seulement ce n’est pas dans les fondements du programme, mais c’est aussi presque demander aux patients de s’autodiagnostiquer avant de consulter».