À son arrivée au caucus de sa députation, Philippe Couillard a commenté l'annonce du dépôt d'une législation par sa ministre déléguée à la Santé Lucie Charlebois.

Loi antitabac: les enfants seront mieux protégés, dit Couillard

La révision de la législation sur le tabac visera à relancer la baisse du tabagisme dans la population et à mieux protéger les enfants des effets de la fumée secondaire, a affirmé Philippe Couillard, ce matin. Interdire de fumer dans les automobiles devrait en faire partie.
À son arrivée au caucus de sa députation, M. Couillard a commenté l'annonce du dépôt d'une législation par sa ministre déléguée à la Santé Lucie Charlebois.
Il s'agit d'une révision qui aurait dû être enclenchée en 2010. Le gouvernement libéral de Jean Charest et celui péquiste de Pauline Marois n'ont pu amener cet examen devant les parlementaires.
Le premier ministre a rappelé qu'il avait réalisé le dernier exercice. À l'époque, il était titulaire du portefeuille de la Santé durant le premier mandat de Jean Charest. «C'est très long», a-t-il dit de la période de consultation pour en arriver à une nouvelle mouture législative.
«De nombreux groupes veulent participer. C'est un exercice pour en arriver à un équilibre. Nous en sommes arrivés à baisser le taux de tabagisme en 2005, 2006 et 2007. Depuis ce temps-là, nous avons atteint un plateau.»
La ministre Charlebois s'avancera probablement sur le bannissement de  l'usage du tabac dans les véhicules automobiles en présence de jeunes enfants. Cela existe dans d'autres provinces canadiennes.
«Une des façons de faire des progrès, a commenté Philippe Couillard, c'est d'agir sur la fumée secondaire, l'exposition des enfants, en particulier, à la fumée» de cigarette.
Autre sujet incontournable à revoir dans la législation : la cigarette électronique. Le phénomène et l'engouement sont apparus après 2005. La «e-cigarette» est un sujet qui divise la communauté de la santé.
«Plusieurs personnes disent que c'est important» de légiférer sur la cigarette électronique. «Je note que plusieurs médecins et scientifiques disent que cela peut aider à se débarrasser» de l'habitude de fumer. «La préoccupation n'est pas toujours la nicotine» qui engendre la dépendance au tabac, «mais la fumée elle-même» que dégage ce produit.
La veille, en commission parlementaire, la ministre Charlebois, sans divulguer le contenu de son projet de loi, a laissé entendre «que la cigarette électronique fait partie de mes réflexions». Mme Charleboisa a dit se préoccuper à la fois de ceux qui s'en servent pour briser leur dépendance à la cigarette et des jeunes pour qui cela pourrait être une habitude les amenant vers la consommation  de tabac.
En impromptu de presse, le premier ministre a suggéré que son gouvernement ne se contentera pas de changements pour la forme à la loi. «Il ira dans la direction de ne pas se satisfaire du taux actuel de tabagisme.»
La loi, controversée à l'origine, en 1998, n'est globalement pas remise en question. Autre sujet qui sera fort probablement abordé, l'interdiction des produits aromatisés du tabac. Les groupes de pression en campagne contre les fabricants de cigarettes exercent des pressions à ce sujet depuis quelques années.
Le lobby antitabac presse aussi le gouvernement depuis des années pour que les cigarettiers ne puissent vendre leurs produits que dans des emballages neutres. L'interdiction existe dans d'autres pays, notamment l'Australie.
Selon diverses études, l'usage du tabac coûte au Québec 4 milliards $ annuellement. Les experts en santé soutiennent que 10 000 Québécois meurent des conséquences du tabagisme chaque année.