Le compromis n'a pas tranché pour déterminer si la cigarette électronique doit être considérée comme un médicament ou non.

L'interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics envisagée

Le ministère de la Santé étudie la possibilité d'interdire la cigarette électronique dans les lieux publics, comme c'est le cas pour les produits du tabac, dans le cadre d'une mise à jour prochaine de la Loi sur le tabac.
«C'est un scénario que l'on peut envisager. On pourrait aussi encadrer la commercialisation, la publicité sur la cigarette électronique et l'assujettir à différentes lois comme on l'a fait avec les produits du tabac», a indiqué, mardi, au Soleil, le directeur de santé publique, le Dr Horacio Arruda.
Des discussions ont aussi cours avec les autorités de santé publique des autres provinces en vue d'amener Santé Canada à avoir une réglementation sur la cigarette électronique.
Le Dr Arruda déplore le manque d'encadrement dans le commerce de la cigarette électronique et les risques pour la santé des utilisateurs. «Comme ce n'est pas réglementé, on conseille aux gens d'être prudents avant d'utiliser la cigarette électronique. On a trouvé sur le marché des cigarettes avec des dosages de nicotine très élevés et qui sont toxiques», a-t-il dit. «C'est à peu près n'importe quoi que l'on retrouve en vente sur le Web et sur les comptoirs des points de vente. C'est souvent mal identifié et c'est accessible à tout le monde, dont les jeunes», a-t-il ajouté.
Recul dans la lutte contre le tabagisme
À l'instar de groupes antitabac, il craint que la cigarette électronique incite des jeunes à commencer à fumer le tabac. Il craint également que ce produit fasse reculer la lutte contre le tabagisme.
«Les compagnies de tabac sont derrière les fabricants de cigarettes électroniques. Avec ces produits, elles sont en train de renormaliser le geste de fumer et d'avoir une nouvelle clientèle. Ce n'est pas pour rien qu'il y a des saveurs. Si la nicotine qui est dans ces produits permet de développer une dépendance chez certains jeunes, il pourrait y avoir un effet passerelle vers le tabac», a-t-il avancé.
Le directeur de santé publique n'est toutefois pas contre l'emploi de la cigarette électronique. «Je ne suis pas en train de dire qu'il faut diaboliser ce produit, mais il ne faut pas laisser aller ça n'importe comment comme ça se passe actuellement.»
Effet thérapeutique
Le Dr Arruda reconnaît que la cigarette électronique peut avoir un effet thérapeutique et amener des gens à cesser de fumer. «On n'est pas en train de dire qu'il faut l'interdire complètement. Il y a de plus en plus d'études qui semblent démontrer qu'elle pourrait être un aidant pour que certaines personnes arrêtent de fumer, ou soit pour remplacer la cigarette», a-t-il nuancé.
Le ministre de la Santé, le Dr Réjean Hébert, a fait du renforcement de la Loi sur le tabac une priorité pour 2014. À son cabinet, on laisse entendre que les modifications à la Loi sur le tabac pourraient être présentées après l'adoption des projets de loi sur l'aide médicale à mourir et l'assurance autonomie avec en fond de scène une possible campagne électorale au printemps. En plus, les travaux de la commission parlementaire sur les conditions de vie dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée pourraient influer sur le programme législatif.