Comme beaucoup d'autres maladies, celles du coeur tuent plus, ou du moins laissent plus de séquelles si elles sont traitées tardivement. Or c'est souvent ce qui se passe chez les femmes atteintes du coeur.

L'insuffisance cardiaque tue 22 000 Canadiens chaque année

L'insuffisance cardiaque serait à l'origine de 9% des décès au pays, révèle une analyse présentée à la conférence sur l'épidémiologie de l'American Heart Association à Portland, aux États-Unis.
Un des auteurs de l'analyse, le docteur Michel White, soutient que 600 000 Canadiens souffrent de cette incapacité du coeur à pomper le sang adéquatement et que 22 000 d'entre eux y succombent annuellement.
Titulaire de la chaire de recherche en insuffisance cardiaque à l'Institut de Cardiologie de Montréal, le docteur White qualifie de «problématique» le dépistage des patients jugés à haut risque, soit ceux qui sont déjà atteints d'hypertension, de diabète ou de la maladie des artères coronaires.
Il indique que l'insuffisance cardiaque est la première cause d'hospitalisation chez les personnes de 65 ans et plus. Elle s'avère d'ailleurs deux fois plus coûteuse pour le système de santé que l'ensemble des cancers au sein de ce groupe d'âge - un enjeu à ne pas négliger compte tenu du vieillissement de la population, ajoute le docteur White.
Également professeur titulaire de médecine à l'Université de Montréal, Michel White souligne l'importance d'informer le personnel médical afin de reconnaître les premiers signes d'insuffisance cardiaque «un peu plus frustes» tels que la baisse de tolérance à l'effort.
Il estime que si certains symptômes semblent «anodins», ils méritent un examen poussé tout en «[gardant] toujours l'insuffisance cardiaque sur notre radar».
«Insidieux»
Le docteur White déplore son caractère «insidieux» qui porte les personnes qui en sont atteintes à «minimiser leurs symptômes» et à s'adonner à moins d'activités physiques. Il invite les gens aux prises avec une fatigue exagérée et un souffle plus court à consulter un professionnel de la santé.
Le taux de mortalité imputable à l'insuffisance cardiaque est équivalent à celui d'un «cancer très avancé, très agressif», a-t-il illustré.
«Je la compare avec des cancers, parce que c'est un peu notre "cancer cardiaque"», a-t-il lancé, en entrevue avec La Presse canadienne.