L’hôpital de l’Enfant-Jésus débordé en raison de la pénurie de médecins à l'IRDPQ

La pénurie de médecins qui frappe l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ) créé un engorgement à l’hôpital de l’Enfant-Jésus où de nombreux lits sont accaparés par les patients en attente de leur transfert. Un ennui qui pourrait durer des mois, privant des citoyens de soins faute de place où les aliter.

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«Ça a des impacts sur toutes les autres clientèles», déplore Sylvain Sirois représentant national de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). «Déjà, il y a 13 patients sur des lits d’hôpitaux qui devraient être à l’IRDPQ.»

«Ça a un effet domino», explique-t-il. Ces civières devraient être disponibles pour des personnes en récupération après une opération, par exemple. La clientèle de l’hôpital écopera parce que l’IRDPQ n’a que deux médecins pour admettre les patients ayant subi un AVC ou un traumatisme crânien. «On craint vraiment qu’il y ait des chirurgies qui vont être reportées.»

Moins de lits à l’urgence

La direction du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHU de Québec), comme celle de l’IRDPQ la veille, convient sans ambages que la pénurie de médecins engendre des «difficultés». «Ça diminue forcément le nombre de lits qui sont disponibles pour nos usagers», commente Lindsay Jacques-Dubé, conseillère en communications externes. Les patients qui devraient partir vers l’IRDPQ «prennent des lits pour les patients de l’urgence qui ne peuvent pas monter sur les étages».

Ne sachant pas combien de temps durera le problème, les deux établissements de santé ont convenu que du personnel de l’IRDPQ pourra prodiguer des traitements de réadaptation à l’Enfant-­Jésus, dans l’espoir de ne pas compromettre le rétablissement des patients.

Appel à la ministre

Sylvain Sirois demande, à son tour, l’intervention de la ministre de la Santé, Danielle McCann. Comme la CSN jeudi, l’APTS exige l’assouplissement des règles d’embauche afin de permettre le recrutement rapide de trois médecins de plus à l’Institut de réadaptation.

Un centre hospitalier de pointe comme l’Enfant-Jésus dispense des soins médicaux spécialisés, rappelle M. Sirois. C’est une structure qui «coûte cher» et un lieu qui n’est pas adapté pour offrir des traitements de réadaptation optimaux, évalue-t-il. «Tu n’as pas les bons patients à la bonne place», insiste-t-il. «La solution ne se trouve pas au CHU de Québec.»

Les inquiétudes du syndicaliste sont décuplées par l’annonce faite aux employés de l’hôpital que la pénurie de médecins à l’IRDPQ ne serait pas atténuée avant au moins 10 mois. «C’est un long “temporaire”!»