Au Québec, seule la firme Airmedic offre un service d'hélicoptère-ambulance à des entreprises et à des particuliers. Le Dr Pierre Fréchette propose d'étendre ce service au gouvernement provincial.

L'hélicoptère-ambulance, antidote à la congestion routière

Après l'avion-ambulance, le gouvernement du Québec devrait offrir un service d'hélicoptère-ambulance à Québec et à Montréal, selon celui qui a mis en place le transport par avion de blessés graves et de grands malades dans les années 80.
«Pour les grandes distances, on a un avion-ambulance qui fait un excellent travail. Pour les distances intermédiaires, ce serait intéressant d'avoir un hélicoptère-ambulance pour les accidents qui surviennent dans le parc des Laurentides ou à La Malbaie ou même à Rivière-du-Loup, jusqu'à Rimouski, Saint-Georges de Beauce, particulièrement aux heures de pointe, où il y a de la congestion sur les grands axes routiers, les ponts», a affirmé, mardi au Soleil, le Dr Pierre Fréchette.
Le médecin, qui a été un des principaux instigateurs des services de traumatologie au Québec, croit que le transport héliporté serait aussi très utile dans la région de Montréal au lieu de toujours recourir au transport par ambulance.
«Avec les problèmes de circulation que l'on connaît pour entrer sur l'île de Montréal, ce serait intéressant d'avoir des hélicoptères pour aller chercher les blessés graves à Laval, Saint-Jérôme, et entre Montréal et les lignes américaines pour les amener vers les grands hôpitaux de Montréal», a-t-il suggéré.
L'idée d'avoir un transport héliporté repose avant tout sur l'importance de réduire les délais au minimum pour amener un blessé grave à l'hôpital. «Le temps en traumatologie, c'est des vies que l'on peut sauver», a souligné le médecin.
Le Dr Fréchette ne manquera pas de rappeler mercredi soir l'importance des délais lorsqu'il prononcera une conférence sur l'historique de la traumatologie au Québec, dans le cadre du 20e colloque sur la traumatologie au Québec. L'événement qui est ouvert au public aura lieu au Château Frontenac à compter de 19h30. Depuis quelques années, au Québec, seule la firme Airmedic offre un service d'hélicoptère-ambulance à des entreprises et à des particuliers. Ce service n'est pas couvert par la Régie de l'assurance maladie et la Société de l'assurance automobile.
Des pas de géant
Le Dr Fréchette, qui a longtemps pratiqué à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, se réjouit des gains majeurs pour les blessés graves grâce à l'amélioration des services préhospitaliers et de traumatologie.
«Le taux de mortalité des 12 000 blessés graves est passé de 52 % à 18 % entre 1993 et 1999. En 2009, quand j'ai pris ma retraite, on avait réussi à abaisser ce taux à 8,9 %. C'est un record planétaire», a-t-il dit.
Plusieurs autres mesures ont permis d'en arriver à ce résultat, dont la désignation d'hôpitaux (Enfant-Jésus) comme centres de traumatologie où sont dirigés les grands blessés à la suite d'accidents de la route, d'accidents de travail ou de certains accidents à la maison.
«Il y a eu l'avion-ambulance, le service 9-1-1 au début des années 90, la révision des protocoles d'intervention des techniciens ambulanciers, l'instauration d'un système de premiers répondants qui sont aujourd'hui les pompiers qui ont aidé beaucoup», a-t-il ajouté.
Le Dr Fréchette, qui est médecin-conseil au ministère de la Santé, est convaincu qu'il y encore place à amélioration en traumatologie. Il espère que le Québec continuera d'affirmer son leadership dans ce domaine au cours des prochaines années, particulièrement en développant le transport héliporté.