Si l'aide médicale à mourir n'est pas offerte au service des soins palliatifs, elle devra l'être ailleurs dans l'hôpital, puisque les établissements de santé sont tenus par la loi d'offrir le service.

L'état de santé des immigrants se détériore avec le temps

Si les immigrants récents sont en meilleure santé que les personnes nées au Canada, ceux de longue date ont plus de risques de développer une incapacité «grave ou modérée» que les Canadiens de naissance, révèlent deux chercheurs dans le dernier numéro du bulletin Zoom santé de l'Institut de la statistique du Québec.
Ce constat du meilleur état de santé des immigrants récents pourrait notamment être attribuable à l'effet de sélection des immigrants, la santé faisant partie des critères pour obtenir le droit d'immigrer au Canada, analysent les chercheurs Chantal Lecours et Ghyslain Neill.
Les auteurs notent par contre que la probabilité d'avoir une incapacité «grave ou modérée» est plus élevée chez les immigrants de longue date que chez les personnes nées au Canada.
«En faisant l'hypothèse que les immigrants de longue date au Québec présentaient le même état de santé à leur arrivée que les immigrants récents, on peut se demander comment il se fait que les immigrants perdent leur capital de santé avec le temps. Est-ce la conséquence des conditions de vie et de l'accès aux services de santé dans leur pays d'origine ou après leur arrivée?» demandent les chercheurs, selon qui la détérioration de l'état de santé observée chez les immigrants au Canada pourrait notamment être due à la sous-utilisation des services de santé dans les premières années suivant leur arrivée.
Les résultats des analyses effectuées par Chantal Lecours et Ghyslain Neill montrent également que les immigrants récents ont une probabilité moindre d'être affiliés à un médecin de famille et que leurs besoins non comblés à cet égard sont très grands.
«Comme l'affiliation à un médecin de famille constitue la porte d'entrée du système de santé pour obtenir des conseils visant la prévention de certains problèmes de santé (diabète, hypertension, maladies cardiaques, etc.), pour consulter un médecin spécialiste ou pour passer des tests et examens diagnostiques, il est raisonnable de penser que cela peut contribuer à une détérioration de l'état de santé des immigrants avec le temps», écrivent les auteurs, dont les travaux peuvent être utiles dans le contexte où l'accueil et l'intégration des immigrants constitue un enjeu social important au Québec comme ailleurs.