«C’est sûr que lorsque toutes les supercliniques fonctionneront au même rythme, le problème sera résolu», a plaidé le ministre Barrette.

Les supercliniques «fonctionnent», répète Barrette

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, persiste et signe: si des supercliniques comme celle de MAclinique Lebourgneuf débordent, c’est qu’elles «fonctionnent».

Mardi, Le Soleil rapportait que depuis son ouverture, l’an dernier, la superclinique du boulevard Lebourgneuf ferme souvent temporairement les portes de son urgence mineure, parfois aussi tôt qu’à 9h ou 10h le matin, lorsque le délai d’attente pour voir l’infirmière est trop long en raison d’une trop grande affluence, forçant des patients à se rabattre sur les urgences des hôpitaux. 

Pendant la période de questions à l’Assemblée nationale, mardi, le porte-parole de la CAQ en matière de santé, François Paradis, a demandé au ministre Barrette s’il trouvait «normale» cette façon de faire. 

«La raison pour laquelle ces gens-là font ça, c’est que c’est un immense succès. C’est tellement un immense succès que, dans les urgences avoisinantes, il y a une baisse de l’achalandage parce que les gens vont là. Et cette clinique-là, pour ne pas faire attendre les gens pour rien, leur permet d’aller à leurs activités et de revenir à un moment où l’achalandage sera réduit. C’est sûr que lorsque toutes les supercliniques fonctionneront au même rythme, le problème sera résolu», a plaidé le ministre de la Santé.

Accès «réduit»

Pour le député François Paradis, il est clair que l’accès aux soins de santé de proximité, notamment pour les 1,6 million de patients orphelins, est «réduit dans plusieurs régions du Québec».

«À Baie-Comeau et dans les Etchemins, les GMF refusent maintenant de soigner les patients orphelins, qui doivent se retrouver à l’urgence. Des cliniques de Charlesbourg, de Vanier, de Beauport et le CLSC Haute-Ville ont été obligées de fermer leurs services de sans rendez-vous [à la clientèle non inscrite]. […] À Granby, la seule clinique sans rendez-vous va fermer ses portes, abandonnant ainsi 9500 patients orphelins. À Rimouski, le CLSC a changé de statut, et les médecins ont fermé le sans rendez-vous», a énuméré le député de Lévis, qui attribue notamment la situation à «l’imposition rigide d’un taux d’assiduité» aux médecins, qui doivent être disponibles pour leurs patients. 

Selon le ministre Barrette, si les urgences des hôpitaux ont commencé à voir une diminution de leur achalandage — «ça ne s’est jamais vu depuis des lunes» —, c’est parce que «les GMF ont transformé leurs pratiques en étant disponibles d’une façon étendue auprès de leur clientèle inscrite». 

«Et les patients orphelins, qui ne le sauront plus bientôt, auront évidemment toujours un accès aux supercliniques», qui doivent en principe être ouvertes 12 heures par jour, sept jours sur sept, a ajouté le ministre. 

Le Québec compte 34 supercliniques à l’heure actuelle (sur un objectif de 50 d’ici la fin de l’année), a-t-il rappelé.