Le CIUSSS a récemment ouvert quelque 18 postes d'infirmière praticienne spécialisée dans des GMF et des cliniques-réseau alors que SABSA attend le sien depuis sept mois.

Les ressources se font attendre chez SABSA

Sept mois après la signature de l'entente entre SABSA et le CIUSSS de la Capitale-Nationale, la coopérative sans médecin n'a toujours pas les ressources promises pour payer notamment le salaire de l'infirmière praticienne spécialisée (IPS) Isabelle Têtu et le matériel médical de base.
«On continue avec l'argent amassé pendant la campagne de sociofinancement La Ruche. C'est nous qui achetons le matériel médical comme les tubes à prélèvements et les pansements, et le CIUSSS nous rembourse. Ça fait sept mois qu'on a signé, et les choses ne bougent pas vite. Il a fallu les relancer plusieurs fois [les gens du CIUSSS]. Je ne suis toujours pas payée par le CIUSSS, et le travailleur social promis n'est toujours pas arrivé», a résumé Isabelle Têtu au cours d'un entretien avec Le Soleil, mardi, précisant qu'elle avait reçu la veille un appel du CIUSSS lui assurant qu'elle serait «embauchée sous peu». 
Le travailleur social spécialisé en toxicomanie et en santé mentale «prêté» par le CIUSSS devrait quant à lui commencer à travailler chez SABSA à mi-temps la semaine prochaine (d'abord une journée, puis deux ou trois jours par semaine).
Mme Têtu souligne que le CIUSSS a récemment ouvert quelque 18 postes d'IPS dans des GMF et des cliniques-réseau alors qu'elle attend le sien depuis sept mois. 
«Je ne pense pas que ce soit de la mauvaise foi, par contre. J'ai compris qu'il y avait des choses à régler entre le CIUSSS et le syndicat, qu'il fallait que personne ne soit lésé. Notre situation est atypique, tant pour le CIUSSS que pour le ministère de la Santé», nuance la cofondatrice de SABSA, consciente aussi que «la personne qui s'occupe de notre cas au CIUSSS a déjà plein de dossiers sur les bras» et que celui de SABSA n'est peut-être pas «prioritaire». 
1600 patients
Pour rappel, l'entente de partenariat ne couvre que 30 % des dépenses de la coopérative du boulevard Charest, qui suit quelque 1600 patients vulnérables. SABSA doit encore payer ses locaux de même que les salaires d'une coordonnatrice, d'une réceptionniste, d'une intervenante sociale et d'une autre infirmière à temps plein. 
Menacée de fermeture, la clinique sans médecin avait dû se lancer l'an dernier dans une campagne de sociofinancement, qui lui a permis de récolter 250 000 $. Devant la pression populaire, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait accepté de contribuer à la survie de la coopérative en annonçant en juillet un partenariat avec le CIUSSS de la Capitale-Nationale.