Le cannabis domine largement toute autre drogue illégale. Et il est fort populaire chez les jeunes : 38,5 % d'entre eux avouent en avoir consommé.

Les Québécois écrasent la cigarette... pour allumer le joint

Les Québécois continuent d'écraser... la cigarette. Ils sont de moins en moins nombreux à fumer du tabac, selon les plus récentes données diffusées par l'Institut de la statistique du Québec. Mais ils sont de plus en plus nombreux à consommer d'autres drogues, surtout du cannabis.
«L'usage de la cigarette est en baisse chez les Québécois de 15 ans et plus, la proportion de fumeurs étant passée de 24 % en 2008 à 19 % en 2014-2015», lit-on dans le résumé de l'Enquête québécoise sur la santé de la population 2014-2015 transmis aux médias. «Par contre, la proportion des personnes ayant consommé de la drogue dans l'année précédant l'enquête est en hausse : de 13 % en 2008, elle s'établit à 17 % en 2014-2015.»
Le cannabis domine largement toute autre drogue illégale. Et il est fort populaire chez les jeunes : 38,5 % d'entre eux avouent en avoir consommé.
La capitale s'encanaille
En fouillant dans le volumineux rapport, nous remarquons en outre que la Capitale-Nationale s'est encanaillée. En 2008, le taux d'utilisation de drogues y était sous la moyenne nationale. Six, sept ans plus tard, la grande région de Québec surpasse la moyenne. Une tendance marquée chez les adolescents et les jeunes adultes ; ici, 44 % des 15 à 24 ans soutiennent qu'ils ont visité les paradis artificiels au cours de l'année.
L'étude montre par ailleurs que notre santé collective se dégrade. Près du tiers d'entre nous sont sédentaires.
Aussi, près d'un cinquième de la population avale des boissons sucrées chaque jour. En regardant l'analyse statistique plus en détail, on remarque que les hommes en boivent plus que les femmes, tout comme les personnes peu scolarisées ou sans emploi.
Corollaire, l'obésité progresse; elle touche maintenant près de 20 % des Québécois de plus de 15 ans. Et 35 % de plus font de l'embonpoint, le niveau situé avant l'obésité.
Malgré cela, près de 90 % de la population se dit en «bonne», «très bonne» ou «excellente» santé.
Santé mentale préoccupante
Pourtant, notre santé mentale préoccupe : «La détresse psychologique est également en hausse, particulièrement chez les femmes, près d'un tiers d'entre elles se situant à un niveau élevé de détresse.» Les adolescentes et nouvelles adultes semblent être particulièrement dans le brouillard : 45 % d'entre elles sont en détresse psychologique «élevée».
Parfois déprimés, les Québécois demeurent néanmoins fringants au lit! Les trois quarts des plus de 15 ans disent avoir été actifs sexuellement durant l'année. Ils n'utilisent cependant pas toujours de moyens de contraception, de protection contre les infections transmises sexuellement. Les femmes sont fortement majoritaires à y recourir. Chez les hommes, c'est moins habituel.
Pour réaliser cette enquête, l'Institut de la statistique a interrogé 45 760 Québécois.
En chiffres
44 % des 15 à 24 ans de la Capitale-Nationale disent consommer de la drogue
48 % des Québécois ne sont pas actifs physiquement
10 % des citoyens du Québec sont édentés; chez les plus de 65 ans, c'est 33 %
75 % des plus de 15 ans disent avoir été actifs sexuellement durant l'année; ça monte à 93 % chez les
25 à 44 ans
93,5 % des plus de 65 ans actifs sexuellement n'utilisent jamais le condom
45 % des femmes de 15 à 24 ans se situent à un niveau élevé de détresse psychologique
20 % des femmes disent avoir subi du harcèlement psychologique au travail «à l'occasion» au cours de l'année, 4 % «souvent» ou «très souvent»