Le syndicat d'infirmières et d'inhalothérapeutes souhaite que le gouvernement établisse un nombre maximal de patients par infirmières. Une idée avec laquelle 83 pour cent des personnes sondées sont en accord.

Les Québécois craignent d'être soignés par des infirmières surchargées

MONTRÉAL - Deux Québécois sur trois indiquent être mal à l'aise à l'idée de recevoir des soins d'une infirmière qui travaille depuis plus de huit heures consécutives, révèle un sondage Léger commandé par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

Le sondage permet également d'apprendre que quatre Québécois sur cinq estiment que les infirmières sont surchargées.

La population est d'accord avec les solutions proposées par la FIQ depuis des années, conclut sa présidente, Régine Laurent en entrevue avec La Presse canadienne.

Selon elle, la réforme Barrette est tout simplement un échec. Mme Laurent déplore particulièrement que d'immenses structures administratives aient été créées, que des services aient été centralisés et que des soins à domicile ne soient plus offerts.

Mme Laurent relève aussi que des évaluations de performance réalisées dans les établissements entraînent des compressions chez les moins performants.

Solutions proposées

Le syndicat d'infirmières et d'inhalothérapeutes souhaite que le gouvernement établisse un nombre maximal de patients par infirmières. Une idée avec laquelle 83 pour cent des personnes sondées sont en accord.

La FIQ indique que des «améliorations significatives» ont été observées dans plusieurs pays où ce type de ratios a été implanté.

Mme Laurent cite l'exemple de la Californie, où dit-elle, les ratios ont permis de diminuer le taux de mortalité, des chutes, des infections et le «syndrome de la porte tournante», soit le fait d'entrer dans le système de santé et d'en ressortir rapidement sans avoir reçu les soins adéquats.

Les infirmières demandent également au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, de forcer la main aux gestionnaires du réseau de la santé pour qu'ils augmentent le nombre de postes à temps plein dans leurs établissements.

Cinquante pour cent des infirmières détiennent un poste à temps partiel, selon le syndicat qui explique que cette situation accentue le risque de forcer des employés à faire du temps supplémentaire par manque de personnel.

Le sondage a été réalisé du 26 juillet au 5 août auprès de 1960 Québécois. Comme il s'agit d'un sondage web, la marge d'erreur ne peut pas être calculée, parce que les personnes n'ont pas été sélectionnées de façon aléatoire.