Reconnaissant qu'il y aurait bel et bien 99 postes supprimés au CIUSSSCN, le ministre Gaétan Barrette a précisé au Soleil samedi que personne ne perdrait son emploi, les postes coupés étant vacants.

Les postes coupés... étaient vacants, affirme Barrette

Jugeant qu'une «coalition caqo-péquiste-syndicaliste» désinforme la population sur l'abolition de près d'une centaine de postes au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSSCN), le ministre Gaétan Barrette a tenu à «remettre les pendules à l'heure».
Reconnaissant que le CIUSSSCN s'apprête à supprimer 99 postes, dont 65 chez des professionnels, le ministre Barrette refuse toutefois de parler de pertes d'emplois. «La quasi totalité des postes coupés sont vacants, donc il n'y a personne qui perd son emploi. Pour les postes qui ne sont pas vacants, 100 % des gens gardent une position dans le CIUSSS parce que c'est une réaffectation. Il y a exactement zéro personnes qui perd son emploi», a-t-il martelé samedi, en entrevue téléphonique.
Le Soleil révélait vendredi que le CIUSSSCN était forcé d'adopter des «mesures d'optimisation» pour combler un déficit de 15 M$ et atteindre l'équilibre budgétaire exigé par le gouvernement. Samedi, les députés de l'opposition François Paradis et Agnès Maltais ont vivement critiqué le gouvernement, qu'ils accusent de sabrer directement dans les services aux citoyens.
«Il y a une bonne nouvelle qui passe pour une mauvaise nouvelle parce qu'il y a des partis d'opposition qui vont sur la place publique mentir à la population et les désinformer.  [...] La réalité, c'est que la saine gestion exige pour des raisons d'efficacité qu'on mette la bonne personne, qui a la bonne compétence, au bon poste d'emploi. C'est aussi simple que ça», a rétorqué le ministre.
Impossible, pour M. Barrette, de parler de pertes d'emplois puisque la quasi-totalité des postes abolis étaient vacants, c'est-à-dire qu'ils n'étaient pas pourvus. À noter qu'un poste vacant est jugé tel même lorsqu'un employé l'occupe temporairement. 
«Un poste vacant, il n'y a personne qui est à l'emploi sur ce poste-là, donc personne qui donne des services. Et si ces postes-là sont coupés c'est parce qu'on n'en a pas besoin», a justifié le ministre.
Vendredi, le président du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux (SPTSSS-CSN) de Québec-Chaudière-Appalaches, Danny Roy, avait dénoncé la baisse des services rendus à la population en raison de ces abolitions. «Ces postes-là étaient occupés par du personnel qui donnait des services. Ce sont de véritables coupes dans les services, alors qu'on nous a toujours dit qu'il n'y en aurait pas», avait-il avancé.
Vous avez dit coupes? 
Pour le ministre, on ne peut parler de coupes dans les services puisque les postes abolis n'étaient pas pourvus. «Quand un poste est vacant pendant trois ans et que l'organisation fonctionne et que les services sont rendus, est-ce que ça se peut que le poste ne soit pas nécessaire?» a-t-il appuyé.  
Pourquoi les syndicats parlent alors de coupes? «Parce que les syndicats font de la politique et la politique qu'ils font est circonstancielle», a rétorqué M. Barrette. Il défend plutôt le bilan positif au net du CIUSSSCN, qui depuis le début de l'année fiscale 2017-2018, aurait créé l'équivalent de 300 postes.  
Dénonçant la «malhonnêteté intellectuelle» de ses adversaires politiques, le ministre mise sur «l'optimisation» des ressources pour offrir des services plus efficients. «Quand on constate que quatre personnes peuvent donner les services dans un secteur où il y en avait cinq, dont l'activité a évolué d'une telle manière qu'on peut faire le travail avec quatre, comment peut-on reprocher à un gestionnaire de diminuer à quatre? La personne qui voit son poste aboli, eh bien elle est réaffectée ailleurs», a-t-il réitéré. 
Il pointe du doigt les caquistes et péquistes qui regrettent que ces coupures touchent principalement les personnes plus vulnérables et entraînent une réduction des services. «Sur la base de quoi je délaisse les services? Saviez-vous qu'au CIUSSS de la Capitale-Nationale, ils sont en termes d'attente les plus performants au Québec? Qu'en termes de délivrance, c'est-à-dire en livraison de service, ils sont à l'intérieur de toutes les normes qui existent au Québec?», a répondu le ministre.