Les pharmaciens dénoncent la suspensions des négociations par Québec

Les pharmaciens-propriétaires déplorent la suspension une autre fois des négociations avec le gouvernement québécois en vue d'en arriver à une entente sur la rémunération de nouveaux services que les pharmaciens peuvent offrir.
«La farce a assez duré. On s'entend à peu près sur les chiffres avec le ministère qui suspend encore les négociations. Ça fait plusieurs fois qu'on voit ce genre de volte-face», a commenté, mercredi, le président de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), Jean Thiffault.
L'association a été informée mardi par le ministère de la Santé que les pourparlers étaient interrompus en raison de la campagne électorale. «On devait négocier mercredi soir. On était proche d'une entente. On était pratiquement prêt à signer», a dit M. Thiffault.
Le président de l'AQPP a demandé aux partis politiques durant la campagne électorale de s'engager à offrir au printemps les nouveaux services professionnels des pharmaciens reconnus par la loi 41. «On nous propose en campagne électorale l'ajout d'infirmières. C'est super. Ça va améliorer l'accès, mais dans 5 ans, 10 ans. Nous, on a déjà une solution que l'on peut mettre en application rapidement. Les règlements sont écrits, la loi est passée et c'est à coûts raisonnables», a affirmé M. Thiffault.
Il s'explique mal cet autre report des négociations. L'an dernier, le gouvernement avait fixé sans succès au 3 septembre l'échéance pour conclure un accord. «Il y a de la résistance et un manque de volonté politique pour en arriver à une entente du côté du gouvernement», a avancé le président de l'AQPP.
Les pharmaciens-propriétaires évaluent à 27 millions $ par année le coût des nouveaux services. «On n'est pas aussi gourmands que l'on le laissait entendre. C'est beaucoup moins que les coûts de 100 millions $ que le ministre Hébert colportait», a souligné M. Thiffault.
La loi 41
Par ailleurs, il s'est réjoui de la candidature pour le Parti québécois dans Taillon de l'ex-présidente de l'Ordre des pharmaciens Diane Lamarre. Il espère qu'elle sensibilisera ses collègues à l'urgence d'agir.
Avec la loi 41 qui a été adoptée à l'unanimité en 2011, les pharmaciens peuvent prolonger une ordonnance après une évaluation du patient, prescrire un médicament dans des conditions mineures où il n'y avait pas de diagnostic (ex. : diarrhée du voyageur) ou lorsqu'un diagnostic est connu (ex. : infection urinaire). En outre, ils pourront substituer un médicament en cas de pénurie, ajuster une ordonnance sous certaines conditions et demander des examens de laboratoires.
Une fois qu'une entente aura été conclue, ces nouveaux services seront couverts par la Régie de l'assurance maladie pour les personnes inscrites à l'assurance médicaments. Celles qui ont des assurances privées devront payer un tarif pour ces services en espérant que leur assureur les rembourse ou paye directement le pharmacien.