Depuis le début de la pandémie, les ambulances n’ont plus accès aux garages des hôpitaux de la région de Québec, transformés ni plus ni moins en «entrepôts».
Depuis le début de la pandémie, les ambulances n’ont plus accès aux garages des hôpitaux de la région de Québec, transformés ni plus ni moins en «entrepôts».

Les paramédics réclament un accès sécuritaire aux hôpitaux [VIDÉO]

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
Depuis le début de la pandémie, les ambulances n’ont plus accès aux garages des hôpitaux de la région de Québec, transformés ni plus ni moins en «entrepôts». Une situation non sécuritaire, surtout avec l’arrivée imminente de l’hiver, qui oblige les paramédics à sortir leurs patients directement à l’extérieur, dénonce leur syndicat.

«En mars, les hôpitaux avaient commencé à faire du prétriage dans les garages pour éviter la contamination des patients. À partir de cet été, avec la diminution des cas, ils ont recommencé leur pratique habituelle en faisant le triage à l’intérieur, mais on n’a toujours pas retrouvé l’accès aux garages pour les ambulances […]. Il y a du stock à l’intérieur, des chaises, des poteaux de soluté et toutes sortes d’affaires, comme si ça servait d’entrepôts», explique en entrevue le président de l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH–CSN), Frédéric Maheux.

Les paramédics s’étaient ajustés et montrés compréhensifs tant que la situation restait temporaire, souligne M. Maheux. 

«Mais là, sortir nos patients à l’extérieur, ce n’est vraiment pas sécuritaire pour eux et pour nous, surtout avec l’hiver qui arrive, la sloche, la glace qui va se former, le vent, la neige, les couvertures toutes mouillées qui volent, les civières qu’on risque de renverser à cause des trous» qu’il y a sur des terrains et des stationnements qui ne sont pas toujours adaptés, illustre le président de l’APTH.

Selon le syndicat, ne plus avoir accès aux garages augmente en outre le risque de contamination des paramédics, qui doivent manipuler des équipements de protection souillés à l’extérieur, au grand vent et aux intempéries.

Leur employeur aurait eu plusieurs discussions avec le CHU de Québec, le CIUSSS de la Capitale-Nationale et l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) afin que la situation soit corrigée, sans succès jusqu’ici.

Depuis le début de la pandémie, les ambulances n’ont plus accès aux garages des hôpitaux de la région de Québec, transformés ni plus ni moins en «entrepôts».

D’où la sortie du syndicat, qui souhaite que les paramédics retrouvent l’accès aux garages hospitaliers d’ici le 30 novembre, après quoi ils déclencheront «un plan d’action pour assurer la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs du préhospitalier et de leurs usagers», promettent-ils. 

Jonathan Beaupré, vice-président à l’information et à la mobilisation de l’APTH, souligne que les paramédics sont des partenaires des hôpitaux de la région de Québec, mais que «ce n’est pas juste dans un sens». «Il faut que les hôpitaux comprennent que leurs décisions ont un gros impact sur nos membres et leurs usagers», dit-il.

En début de soirée, lundi, le service des communications du CHU de Québec nous a expliqué par écrit que les raisons qui ont motivé ce changement visaient notamment à «rendre plus sécuritaires le triage des ambulances» et à «rencontrer les besoins d’espace pour les différentes trajectoires des patients (atteints ou non de la COVID-19) et pour la désinfection de l’équipement». 

«Les raisons qui ont mené à cette décision et à la mise en place de ces mesures sont toujours valides actuellement. Néanmoins, à l’approche de la saison froide, nous souhaitons être proactifs pour s’assurer de conditions de travail optimales pour tous les intervenants. À cette fin, nous travaillons déjà en collaboration avec nos partenaires, dont la CNESST, afin de s’assurer que nous appliquons toujours les meilleures pratiques dans les circonstances et évaluer ce qui pourrait être fait pour améliorer la situation», écrit la porte-parole Geneviève Dupuis. 

Du côté du CIUSSS de la Capitale-Nationale, on indique que la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ) a remis cet automne une analyse écrite des installations extérieures et garages avec certaines pistes d’amélioration pour les 11 urgences de la région (CIUSSS, IUCPQ et CHU de Québec) «afin d’effectuer les modifications requises pour que les installations soient adaptées en période de pandémie en niveau d’alerte rouge pour la saison hivernale». 

«Les modifications sont actuellement en cours pour certaines urgences et complétées pour d’autres. Pour les urgences du CIUSSS, les pistes d’amélioration demandées par la CTAQ ont été complétées pour l’urgence de Baie Saint-Paul et sont pratiquement finalisées pour l’urgence de La Malbaie. Les pistes d’amélioration seront complétées aux urgences de Sainte-Anne-de-Beaupré et de Portneuf d’ici environ deux semaines», détaille la porte-parole Annie Ouellet.