Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Les omnis devront être plus disponibles

Les médecins omnipraticiens devront obligatoirement offrir à leurs patients des plages de rendez-vous étendues, c'est-à-dire avant 8h et après 19h, à défaut de quoi ils verront leur rémunération coupée, a confirmé mardi en commission parlementaire le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.
«On n'est plus en négociation, on est dans une loi», a déclaré Gaétan Barrette, conscient de susciter la grogne dans les rangs des médecins de famille. 
Après discussion avec les oppositions, le ministre Barrette a apporté une série d'amendements au projet de loi 20, dont la mise en oeuvre est prévue pour janvier 2018.
Le ministère de la Santé établira des plans régionaux et sous-régionaux d'effectifs et de répartition des médecins de famille en fonction des besoins et des données sociodémographiques. Ce sont les départements régionaux de médecine générale (DRMG) qui détermineront ces besoins, a précisé le ministre Barrette.
«Les GMF à quatre médecins, c'est en voie de disparaître [avec la gestion des effectifs et la répartition des nouveaux diplômés en médecine, qui seront 1000 d'ici décembre 2017]», a affirmé le ministre de la Santé, ajoutant que les groupes de médecine familiale (GMF) de plus de 10 médecins pourraient devoir être ouverts sept jours sur sept, 12 heures chaque jour. «Il faut viser le meilleur accès dans la mesure du possible.»
«Bar ouvert»
Le ministre Barrette veut des plans d'effectifs tant hospitaliers qu'extrahospitaliers. «Il faut empêcher les médecins de se précipiter à l'hôpital», a-t-il résumé, rappelant qu'actuellement, «c'est un bar ouvert, le médecin peut aller où il veut».
Avec les plans d'effectifs, les médecins devront faire un minimum d'heures à l'hôpital, le reste devant être fait en cabinet. «Ils seront encouragés à aller dans les GMF où il manque de médecins», a dit le ministre, ajoutant que «le modèle de cabinet solo, en ville, n'est pas un modèle viable».
L'idée, c'est d'augmenter l'offre en première ligne pour que les patients n'aient plus besoin de se rendre à l'urgence. «Au lieu d'avoir trois médecins à l'urgence le jour, par exemple, il y en aura peut-être juste un, ou deux max», calcule le ministre Barrette.
«Ce qu'on dit aux médecins, c'est que si vous ne vous organisez pas, on va vous organiser progressivement», a dit le ministre de la Santé, selon qui le tiers des médecins omnipraticiens québécois offrent déjà des plages de rendez-vous étendues en première ligne.