Les nouvelles infections au VIH font un bond marqué en Nouvelle-Écosse

HALIFAX — La Nouvelle-Écosse a enregistré une augmentation importante du nombre de nouvelles infections au VIH jusqu’à maintenant cette année, amenant le ministère provincial de la Santé à publier un avis urgent prévenant les médecins et les infirmières de la montée soudaine de cas de la maladie transmissible.

Dans les six premiers mois de 2018, la province a enregistré environ 16 nouveaux cas du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) — un bilan généralement observé pour une année entière.

On ignore ce qui a entraîné cette situation, bien que le médecin en chef de la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse, Trevor Arnason, ait affirmé qu’il semble que certaines personnes ont contracté le VIH dans «un passé très récent».

M. Arnason a indiqué que les autorités tentaient de faire prendre conscience de la situation aux fournisseurs de soins pour qu’ils soient aux aguets des signes et des symptômes et qu’ils fassent passer des examens aux gens concernés.

La note envoyée aux médecins et infirmières la semaine dernière affirme que jusqu’à 90 pour cent des gens infectés par le VIH auront de la fièvre de quatre à huit semaines après l’exposition au virus.

Dena Simon, directrice générale de AIDS Coalition of Nova Scotia, a fait valoir que les plus jeunes générations n’ayant pas vécu la crise du VIH-Sida dans les années 1980 et 1990 pourraient ne pas avoir conscience de la gravité de la maladie.

«Gérer le VIH aujourd’hui est un scénario très différent qu’à cette époque. Aujourd’hui, il s’agit d’une maladie chronique contrôlable et vous pouvez pratiquement avoir une vie normale», a-t-elle souligné.

«Mais cela ne signifie pas que nous devrions être complaisants», a ajouté Mme Simon.

Des militants pour l’usage de la médication préventive appelée prophylaxie préexposition affirment qu’elle pourrait réduire considérablement la transmission du VIH si elle était financée par les fonds publics.

Le Québec, la Colombie-Britannique, l’Ontario et la Saskatchewan financent déjà avec des fonds publics la prophylaxie préexposition, connue aussi sous l’acronyme PrEP.