Selon Gaétan Barrette, on assiste actuellement à «une résistance au changement de culture» de la part des médecins, qui veulent «continuer d'aller voir des concerts» les soirs de fin de semaine.

Les médecins «résistent à un changement de culture», dit Barrette

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, persiste et signe: le problème des cliniques réseau qui ne veulent pas devenir supercliniques, «c'est le confort des médecins».
En entrevue au Soleil à son retour de Paris, jeudi après-midi, le ministre Barrette a déploré les propos tenus dans nos pages par le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin.
Le Dr Godin affirmait que la décision du ministre Gaétan Barrette de couper dans moins de quatre mois le financement des cliniques réseau pour les forcer à devenir supercliniques risquait d'entraîner la fermeture de bon nombre d'entre elles.
Selon lui, plusieurs auraient l'intention de se replier sur leur statut de GMF et de mettre fin à leur service de sans rendez-vous. La population, déplorait-il, risque de se retrouver avec une perte de services en raison de l'entêtement du ministre à poursuivre dans la voie de son impopulaire programme de supercliniques, qui ne répond selon lui à aucun besoin (quant à l'obligation d'ouvrir 12 heures par jour, 7 jours sur 7). 
«Le Dr Godin prétend que ce que les patients veulent, c'est d'être vus le matin [la fin de semaine]. Ce n'est pas vrai. Ce qu'ils veulent, c'est des heures étendues, incluant les après-midi et les soirs de fin de semaine. [...] Un GMF normal est ouvert quatre heures la fin de semaine. Est-ce que ce n'est pas normal de demander aux cliniques réseau d'ouvrir 12 heures?» a plaidé jeudi le ministre de la Santé, qui ne s'est pas montré ébranlé par le risque de fermeture de cliniques réseau.  
Selon lui, on assiste actuellement à «une résistance au changement de culture» de la part des médecins, qui veulent «continuer d'aller voir des concerts» les soirs de fin de semaine.
«Demandez au Dr Godin si c'est vrai qu'il m'a déjà dit que s'il n'y avait pas l'obligation d'ouvrir 12 heures la fin de semaine, les 50 supercliniques seraient déjà ouvertes. [...] Ce que la FMOQ propose, c'est huit heures la fin de semaine. Les médecins ne veulent pas faire les quatre heures de plus», déplore le ministre Barrette.
«Or, demande-t-il, est-ce que c'est le confort du médecin ou l'accès du patient à des services qui est le plus important?»
Le PQ préoccupé
Le Parti québécois juge «très préoccupante» la décision du ministre Gaétan Barrette de mettre fin au financement des cliniques réseau le 31 mars prochain sans avoir la garantie que la population ne se retrouvera pas avec une perte de services.
«Comment le ministre peut-il mettre fin au financement des cliniques réseau un an plus tôt que prévu sans s'être entendu avec elles?» s'interroge la députée Diane Lamarre, porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé.
Selon elle, «le ministre ne peut pas se permettre de couper quoi que ce soit avant de s'assurer que ça ne diminuera pas l'accès aux services». 
«Il est très rapide pour détériorer le réseau et il n'offre aucune garantie qu'il va améliorer l'accès», dénonce Mme Lamarre. À son avis, le ministre n'a «jamais été capable de démontrer la valeur ajoutée des supercliniques».
«Il n'a plus droit à l'erreur. Les urgences débordent, on est dans un système complètement désorganisé, les employés sont épuisés et les patients sont abandonnés», résume la critique péquiste.
Jusqu'ici, le ministre Barrette a annoncé l'ouverture d'une seule superclinique à Montréal, loin des 32 qu'il projetait d'ouvrir pendant l'exercice financier en cours (50 d'ici 2018). 
Et cette annonce, de l'avis de Diane Lamarre, n'était rien d'autre qu'un «mirage». «La clinique Le Plein Ciel, c'était déjà une importante clinique réseau qui offrait déjà tous les services et des heures d'ouverture étendues», souligne la députée de Taillon.