Ces familles vivent beaucoup de stress et, en raison des déménagements fréquents, elles ont parfois moins facilement accès à des soins de santé, perdant leurs repères et leurs habitudes lorsqu'elles passent d'une province à l'autre.

Les familles de militaires plus à risque de cancer et de troubles d'apprentissage

Les femmes des militaires canadiens sont plus à risque de développer un cancer du sein. Les enfants dont un des parents est dans l'armée sont également plus enclins à avoir de la difficulté à l'école.
De tels constats troublants sur les familles des militaires sont discutés jusqu'à mercredi à l'Hôtel Hilton de Québec, où l'Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans tient son forum.
Cette année, ils sont plus de 600 chercheurs et militaires à s'intéresser à l'état physique et mental des soldats et de leurs proches. «Je dirais que le créneau le plus en développement, le plus populaire cette année, c'est celui des familles. On s'intéresse à l'impact que peut avoir la vie militaire sur eux», indique Stéphanie Bélanger, directrice scientifique associée de l'Institut.
Par exemple, on a découvert que les conjoints jouent un rôle capital dans le traitement des soldats souffrant de stress post-traumatique. Plus le militaire est bien entouré à la maison, mieux il s'en sortira. «La résilience des familles est souvent incroyable», souligne Mme Bélanger.
Beaucoup de stress
Par contre, ces familles vivent beaucoup de stress et, en raison des déménagements fréquents, elles ont parfois moins facilement accès à des soins de santé, perdant leurs repères et leurs habitudes lorsqu'elles passent d'une province à l'autre. «Comme la recherche est récente à ce sujet, on ne connaît pas les raisons qui font qu'il y a significativement plus de cancers du sein chez les femmes de militaires. Est-ce à cause du stress, de l'accès aux soins de santé? C'est difficile à dire», évoque Mme Bélanger.
Le flou persiste également sur les raisons qui font que les enfants des militaires ont «plus de défis» à relever à l'école. Est-ce encore là en raison des déménagements trop fréquents? De la langue? «Espérons que les recherches nous en diront plus dans les années à venir», commente Mme Bélanger.
Le gouvernement canadien s'intéresse également aux familles de ses soldats car elles ont souvent un poids significatif sur la décision de poursuivre ou non la carrière militaire. «Aujourd'hui, l'armée doit composer avec une majorité d'hommes mariés ou en couple, qui ont la plupart du temps des enfants. Et elle cherche à les garder dans ses rangs», évoque Mme Bélanger, pour qui les recherches scientifiques permettront aux décideurs de voir à une meilleure conciliation travail-famille dans le monde militaire.
Financé en partie par le gouvernement, l'Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans est toutefois un organisme scientifique indépendant. «Il y a certains sujets délicats qui commandent cette distance», explique Mme Bélanger.