Un rassemblement intersyndical a attiré des centaines d'employés mardi devant l'Institut de réadaptation physique de Québec, où était réuni le conseil d’administration du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Les employés du CIUSSS de la Capitale-Nationale réclament de meilleures conditions

Les 95 millions $ qui seront investis par Québec pour bonifier les équipes de soins à domicile pourraient n’avoir «aucune valeur» si les établissements ne sont pas capables d’offrir des conditions attrayantes aux employés, estiment les syndicats du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Au terme du «Forum sur les meilleures pratiques: usagers, CHSLD et soutien à domicile», qui se déroulait jusqu’à mardi à Québec, le gouvernement Couillard a annoncé un investissement de 100 millions $ pour améliorer les services de soutien à domicile, dont 95 millions $ doivent servir précisément à embaucher des infirmières, des préposés aux bénéficiaires et autres professionnels de la santé. 

Selon Danny Roy, président du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale (SPTSSS-CSN), cet investissement «pourrait bien être un coup d’épée dans l’eau si on n’est pas capable d’attirer et de retenir le personnel».  

M. Roy manifestait en fin d’après-midi mardi devant l’Institut de réadaptation physique de Québec, où était réuni le conseil d’administration du CIUSSS de la Capitale-Nationale. Le rassemblement intersyndical, qui a attiré des centaines d’employés, notamment des infirmières et des préposés aux bénéficiaires, avait pour but de dénoncer les demandes de l’employeur dans le cadre des négociations locales, demandes «qui ne feront qu’accentuer les problématiques de rétention du personnel et de pénurie de main-d’œuvre», estime Danny Roy.

Selon lui, le CIUSSS veut notamment modifier les horaires et les quarts de travail sans préavis et en fonction des besoins, et avoir des postes avec plusieurs ports d’attache qui peuvent couvrir plus d’une région. «Il veut pouvoir déplacer le personnel comme il veut. Il se comporte comme un enfant roi dans le plat de bonbons», résume le président du SPTSSS-CSN, qui qualifie les demandes de l’employeur d’«irresponsables» et «irrespectueuses». 

«Si ces demandes étaient appliquées telles quelles, les conséquences seraient désastreuses sur le recrutement et la rétention de personnel. Le travail est déjà difficile, alors qu’on perd des employés tous les jours et que 8 % du personnel est en maladie actuellement. Si on veut pouvoir attirer et garder le monde, il faut offrir de meilleures conditions, rendre le milieu plus attractif», affirme Danny Roy.