Pour Guy Laurion, les auxiliaires incarnent les yeux et les oreilles de toute l’équipe interdisciplinaire des établissements de santé.

Les auxiliaires déposent des griefs contre la privatisation des services

Les syndicats affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), qui représente notamment les auxiliaires dans le réseau de la santé, ont déposé dimanche des griefs exigeant la suspension immédiate d'un contrat donné à une agence de personnel, qui assurerait 1,3 millions d'heures de soutien à domicile actuellement offerts dans le secteur public.

«[On] s'oppose fermement à toute privatisation des services en santé et services sociaux», dit d'emblée la FSSS-CSN, dans un communiqué transmis aux médias dimanche matin.

Au cours de récentes négociations, le regroupement syndical indique avoir obtenu des gains comme le renforcement des dispositions des conventions collectives «contre la sous-traitance, la privatisation et les recours aux agences de main-d'oeuvre».

C'est pourquoi les leaders du groupe plaident qu'en vertu de ces ententes, les employeurs sont normalement dans l'obligation d'offrir aux salariés l'occasion, d'abord et avant tout, de présenter une alternative publique à n'importe quel projet de privatisation. 

«Ils doivent également fournir aux syndicats toute l’information nécessaire afin de présenter une solution de rechange à la privatisation des services de soutien à domicile», soutient la FSSS-CSN.

Mauvaise décision ?

«Confier le soutien à domicile à des agences de personnel est une décision mal avisée, indique le vice-président de l'organe syndical, Guy Laurion. Les ASS [auxiliaires] du secteur public jouent un rôle névralgique, et sont bien formées spécifiquement pour jouer ce rôle.»

Pour M. Laurion, les auxiliaires incarnent les yeux et les oreilles de toute l’équipe interdisciplinaire des établissements de santé au Québec. 

Il ajoute que c'est aux auxiliaires que revient la tâche de voir les patients à domicile sur une base quotidienne, ou du moins régulière. 

C'est pourquoi les remplacer par des employés au salaire minimum, qui n'auraient aucune protection ni de formation, serait un véritable scandale dans le milieu, selon lui. 

«Que des entrepreneurs privés puissent engranger des marges de profit sur le travail d’une majorité de femmes, sur le dos des aîné(e)s et des plus vulnérables de notre société, je pense que c'est tout à fait inacceptable», plaide-t-il. 

Au Québec, la FSSS-CSN représente quelque 110 000 membres, autant dans le secteur public que privé. Il s'agit de l'une des plus grandes organisations syndicales en santé, services sociaux et services de garde également.