L’eau de Saint-Bernard à risque, confirme la Santé publique

C’est bel et bien l’eau «potable» municipale qui a rendu malades les résidents de Saint-Bernard cet été, confirme la santé publique.

Après enquête, l’Institut national de santé publique du Québec et la Direction de santé publique de Chaudière-Appalaches concluent que la consommation de l’eau livrée par l’aqueduc «est l’élément qui explique l’éclosion d’infections à campylobacter et de gastroentérites vécue par plusieurs citoyens. […] Les personnes qui consommaient l’eau de la municipalité avaient 18 fois plus de risques de présenter une infection que les personnes n’ayant pas consommé cette eau.»

Les quelque 2390 habitants de la municipalité de la Nouvelle-Beauce ne sont pas au bout de leurs peines, même si la cause du mal est trouvée. L’investigation a également permis de constater que le réseau d’eau n’est pas sécuritaire, nous apprend le communiqué résumant les travaux de la santé publique. La découverte de «différents contaminants» dans les échantillons a mis au jour la «vulnérabilité».

Avis d’ébullition maintenu

Les autorités sanitaires maintiennent donc l’avis d’ébullition en tout temps. «Il est important que les citoyens fassent bouillir l’eau, car la fiabilité du réseau n’est pas garantie et de telles situations pourraient se reproduire.»

Des travaux sont toutefois en cours afin de prévenir la contamination : «Au cours des dernières semaines, la municipalité de Saint-Bernard a réalisé différentes interventions pour évaluer et sécuriser son système de distribution d’eau potable.»

Mi-juillet, de nombreux citoyens s’étaient plaints de maux de ventre et autres symptômes de gastro. «Parmi les personnes malades, neuf (dont un visiteur) ont reçu un diagnostic d’infection à campylobacter, dont plusieurs enfants.»

Dans un premier temps, la municipalité avait voulu rassurer la population sur sa page Facebook, avait révélé Le Soleil : « Avis à tous : il y aurait plusieurs cas de gastro à Saint-Bernard en ce moment. Nous vous assurons que l’eau n’est pas contaminée. Veuillez vous laver les mains régulièrement et bien vous hydrater.» 

La santé publique avait néanmoins rapidement pointé ses instruments scientifiques vers l’eau potable. «Nous avons la confirmation que des résultats d’analyse démontrent la présence de bactérie d’origine fécale (Escherichia Coli - Bactéries Entérococoques) dans le réseau de distribution», écrivait alors le Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches (CISSS).

Le campylobacter est une bactérie. «L’infection est le plus souvent causée par la consommation de lait cru, de viandes et de volailles qui ne sont pas assez cuites ou par de l’eau potable non traitée», écrit le CISSS dans son site Internet. «La majorité des personnes infectées avec le Campylobacter vont guérir spontanément en 5 à 10 jours. […] Les personnes les plus à risque de complication sont les enfants de moins de 5 ans, particulièrement les nouveau-nés, les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes souffrant d’une maladie débilitante (immunosuppression, diabète, etc.).»