L'idée de rendre universel le régime d'assurance-médicaments, qui est actuellement mixte, devrait même être envisagée, plaide le Commissaire à la santé, Robert Salois.

Le Québec, bastion de la rémunération à l'acte des médecins

Le commissaire à la santé, Robert Salois, a déploré, mardi, que le Québec soit «le bastion de la rémunération à l'acte au Canada et parmi plusieurs pays».
Ces mots sont contenus dans le mémoire présenté, mardi, en commission parlementaire pour entendre les avis sur le projet de loi 20 concernant les quotas de patients aux médecins et les pénalités salariales.
Selon le commissaire, dont le mandat est d'évaluer la performance du système de santé, la rémunération à l'acte ne favorise pas un travail en collaboration avec les infirmières et d'autres professionnels de la santé. Il estime que ce mode de rémunération doit être revu pour favoriser un meilleur accès aux soins de santé.
«Au tournant des années 2000, l'Ontario a apporté des ajustements substantiels au mode de rémunération des médecins, ce qui a eu des effets positifs sur l'accessibilité», peut-on lire dans le mémoire.
Retard dans l'informatisation
D'autre part, le commissaire note un retard considérable dans l'informatisation du réseau de la santé et dans les cliniques médicales. À son avis, cette situation est une des causes de l'accès difficile aux soins.
Selon les données du commissaire, les dossiers médicaux électroniques ne sont pas la tasse de thé de nombreux médecins au Québec. En 2014, seulement 6 médecins sur 10 utilisaient ce moyen pour gérer les patients atteints de maladies chroniques.
Par rapport aux autres provinces, les médecins du Québec se situent à l'avant-dernier rang, devançant Terre-Neuve quant à l'informatisation. La proportion de médecins utilisant les dossiers électroniques en Ontario était de 80,8 %, de 84,2 % en Colombie-Britannique et de 83,4 % en Alberta.
Réorganisation des services
Selon M. Salois, l'accès à un médecin de famille ne passe pas par un ajout de médecins ou une augmentation des budgets mais par une réorganisation des services. Il préconise la possibilité que les patients puissent obtenir un rendez-vous auprès de leur médecin de famille dans un délai de 24 à 48 heures au lieu de se rendre à la clinique sans rendez-vous ou à l'urgence.
Au Québec, 55 % des médecins de famille voient leurs patients dans un court délai. En Ontario, cette proportion est de 86 %. Au Royaume-Uni, elle est de 97 % et de 85 % aux États-Unis.