Le ministère octroie des heures supplémentaires pour les services ambulanciers à Québec

Le ministère de la Santé a finalement octroyé au CIUSSS de la Capitale-Nationale quelque 8760 heures supplémentaires de services par année afin d’améliorer la couverture ambulancière dans Québec métro.

«8760 heures, ça représente en moyenne 24 heures d’ambulances de plus par jour [et l’équivalent de quatre travailleurs à temps plein de plus]. Avec l’ajout de 23 717 heures au 1er avril 2018, on est assez convaincu que ça va répondre à la demande prévisible», dit en entrevue au Soleil le directeur des services professionnels du CIUSSS de la Capitale-Nationale, le Dr François Aumond. 

«Pour les pics ou les événements imprévisibles, comme un carambolage, le Centre de communication santé [des Capitales] est en mesure avec certains critères de demander aux compagnies ambulanciers de déployer des ambulances supplémentaires», estime le Dr Aumond. 

Ces ajouts portent la couverture ambulancière de Québec métro à environ 180 000 heures de temps ambulance par année. «On va faire un bon bout de chemin avec ces heures-là», croit le directeur des services professionnels du CIUSSS.

Parallèlement à cet appui financier, il est prévu d’améliorer la performance du transport préhospitalier, notamment en agissant pour réduire le délai de remise en service des ambulanciers à la suite d’une affectation. À plusieurs reprises au cours des derniers mois, les ambulanciers ont dénoncé le phénomène de rétention de civières dans les urgences des hôpitaux de Québec.

«On va travailler en partenariat avec les entreprises ambulancières, le CHU de Québec et l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec» pour s’assurer notamment que le personnel prenne en charge le patient dès son arrivée, mentionne le Dr François Aumond. 

Le manque d’ambulances à Québec a fait quelques fois la manchette depuis le mois de novembre. Le président de l’Association des travailleurs du préhospitalier (APTH), Frédéric Maheux, alléguait que le manque de véhicules entraînait des délais dans les temps de réponse, mettant des vies en danger. L’ajout en 2018 de 40 000 heures de temps d’ambulances par année, soit l’équivalent de 18 travailleurs à temps plein, n’était pas suffisant, selon lui.

Deux décès

Le 20 décembre, Lisette Deslauriers, 70 ans, est décédée dans le stationnement de l’Hôpital Chauveau, possiblement des suites d’une crise cardiaque. Elle avait été forcée de se rendre à l’hôpital par ses propres moyens à cause du manque allégué d’ambulances.

Après le décès de Mme Deslauriers, sa fille, Annie Gignac, a livré bataille pour éviter que la situation se reproduise. Elle a demandé au maire Régis Labeaume de joindre sa voix à la sienne pour convaincre les autorités d’ajouter des ambulances et mieux protéger la population de Québec. Elle a également créé la page Facebook Le projet Grand-Mère pour recueillir des appuis dans sa tentative de changer les choses. 

En janvier, l’APTH a dénoncé un second décès, toujours lié au manque d’ambulances. Dans une note de service datée du 24 janvier, la direction de la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ) a pris le parti de ses employés en confirmant un manque de ressources ambulancières dans la région de Québec.

«Les heures supplémentaires annoncées aujourd’hui [mardi] sont nécessaires, mais nous ne pouvons pas crier victoire. Les heures qui ont été accordées sont à peine suffisantes pour nous maintenir la tête hors de l’eau», a réagi par voie de communiqué le président de l’APTH. 

Selon Frédéric Maheux, l’ajout de 8760 heures supplémentaires ne se traduira sur le terrain que par trois départs d’ambulances de plus par période de 24 heures. «Dans les dernières semaines, les paramédics ont eu peine à suffire à la demande malgré les ajouts de six à sept départs d’ambulance pour la même période», souligne-t-il.