Le gouvernement Legault est toujours «en réflexion» au sujet d'OPTILAB.

Le gouvernement Legault toujours «en réflexion» sur OPTILAB

Si le ministère de la Santé a autorisé la défusion des laboratoires du CHU Sainte-Justine et du CHUM, c’est en raison de la mission particulière de l’hôpital mère-enfant, explique-t-on au cabinet de la ministre Danielle McCann. Il ne faut pas y voir le signe d’une volonté plus large de mettre un frein à la réforme OPTILAB au Québec, le gouvernement Legault étant toujours «en réflexion» à ce sujet, nous dit-on.

La nouvelle a été ébruitée par des syndicats, jeudi matin. Dans un communiqué, l’Association du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) salue «la décision de faire marche arrière» dans le dossier des fusions «comme celles des laboratoires du CHU Sainte-Justine et du CHUM». 

«Malgré les nombreuses incohérences du projet, voire les risques qu’il comportait pour une clientèle particulièrement vulnérable, l’administration gouvernementale précédente était allée de l’avant. La raison a désormais retrouvé ses droits», a commenté la présidente de l’APTS, Carolle Dubé.

Pour le syndicat, le transfert des laboratoires du CHU Sainte-Justine vers le CHUM «n’est pas la seule incohérence de la réforme OPTILAB», le projet ayant «donné lieu jusqu’à présent à de nombreux ratés à travers toute la province». 

L’APTS rappelle que de nombreuses voix, notamment de médecins, ont rabroué plusieurs aspects de cette centralisation des laboratoires, notamment à cause de son caractère «mur à mur» qui fait fi des particularités locales et régionales. «Il y a lieu de marquer un temps d’arrêt dans ce dossier», estime Carolle Dubé.

La CSN Satisfaite

Du côté de la CSN, on se réjouit également que le CHU Sainte-Justine récupère la gestion de ses laboratoires. «Cette décision est l’achèvement de la lutte menée avec les médecins pour le retour à l’autonomie pour le CHU» Sainte-Justine, a commenté le syndicat par communiqué. 

Dans une lettre adressée à la pdg du CHU Sainte-Justine, Caroline Barbir, et dont Le Soleil a obtenu copie, le nouveau sous-ministre Yvan Gendron convient de l’importance de la mission universitaire de l’établissement et du «défi de la poursuite de cette mission au sein [...] d’une grappe de laboratoires». Selon lui, le CHU Sainte-Justine occupe une place unique à différents égards, et son laboratoire mérite une gouvernance de laboratoire qui lui est propre. 

C’est d’ailleurs en reconnaissance de sa «spécificité pédiatrique» que le laboratoire du CHU Saint-Justine se verra confier le mandat de développer «un plan d’harmonisation des meilleures pratiques de laboratoire dans le domaine pédiatrique pour l’ensemble du Québec», annonce le sous-ministre Gendron. 

Au bout du fil, l’attaché de presse de la ministre Danielle McCann, Alexandre Lahaie, a indiqué qu’une réflexion «globale» sur OPTILAB était en cours, mais qu’il n’était pas question pour l’heure de mettre un frein à cette réforme, même si la CAQ réclamait un moratoire quand elle était dans l’opposition. 

M. Lahaie a insisté sur la mission particulière du CHU Sainte-Justine et souligné que le gouvernement était prêt à examiner «certains cas à la pièce», sans s’avancer sur les autres cas qui pourraient être révisés.