Le Dr Lefrançois confiant pour l'avenir du Centre médical Beauport

Après avoir rencontré le ministre de la Santé Gaétan Barrette, le Dr Nil Lefrançois s’est dit confiant de la survie du Centre médical Beauport, qui ne compte aujourd’hui plus que sept médecins pour 14 000 patients.

«Maintenant, je crois que tout le monde travaille sur les problèmes que vivent les petits groupes de médecine familiale. M. Barrette nous a écoutés et je crois qu’il a réalisé que c’était une réalité un peu dérangeante, qu’il faut éviter que tous les services se concentrent dans un secteur déterminé d’une ville», a déclaré le médecin aux médias après avoir rencontré le ministre en compagnie de deux collègues de sa clinique.

Le directeur du Centre médical Beauport réclamait depuis plusieurs années une rencontre avec le ministre. Celui-ci a finalement accepté de le voir après qu’il ait lancé un cri d’alarme avisant que la médecine de quartier pourrait disparaître.

Comme l’une des médecins du groupe de médecine familiale du Dr Lefrançois cessera sa pratique à la fin de l’année, 2000 patients risquent en effet de perdre leur médecin de famille pendant que le ministère ouvre des «supercliniques» qui attirent beaucoup de médecins.

«Aujourd’hui, le ministre m’a dit que tout le monde travaillait fort pour régler le problème très rapidement. Il n’avait pas pensé que les supercliniques auraient un tel effet de vacuum. Je pense qu’il a compris qu’en médecine familiale, on ne peut pas tout concentrer. Ce n’est pas une bonne solution en médecine familiale», poursuit le médecin âgé de 72 ans.

Le Dr Lefrançois a rappelé que dans une grande ville comme Québec, la population vivait dans des secteurs assez éloignés les uns des autres et qu’il n’y avait pas lieu d’amener dans un même endroit une circulation qui n’a pas besoin d’être là.

Le Dr Nil Lefrançois croit avoir réussi à sensibiliser le ministre Gaétan Barrette à la réalité des petits groupes de médecine familiale.

Optimiste

«Si le ministre m’a rencontré, je crois que c’est parce qu’il veut vraiment que ça s’améliore, je pense qu’ils sont en mode solution. Alors j’ai bon espoir que ma clinique survive. Quand tu as l’engagement du ministre et du président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, à partir du moment où ils font tous le même constat que toi, tu peux être optimiste», résume-t-il.

Le Dr Lefrançois ne croit pas non plus que la solution passe nécessairement par un changement de gouvernement. «Depuis 40 ans, j’en ai vu passer, des ministres et des sous-ministres à la Santé. On a oublié en cours de route que l’intérêt principal du ministère et de la Fédération, c’est d’avoir des soins adaptés à la réalité et aux besoins de la population.»

Le médecin a d’ailleurs ajouté qu’il avait été surpris de la réaction de la population de Beauport à sa sortie pour les petits groupes de médecine familiale. «Oui, je suis surpris. Ce n’est pas moi qui ai contacté les médias, ce sont des patients. Les gens sont attachés à leur clinique de quartier.»

La pétition pour la survie du Centre médical Beauport, lancée à la fin du mois de janvier, a d’ailleurs été signée par 3300 personnes jusqu’à maintenant. «Les gens appellent beaucoup et se déplacent à la clinique pour signer», affirme une secrétaire, Sophie Saint-Pierre, qui constate un grand sentiment d’appartenance à la clinique dans la population. La pétition a également été distribuée dans les commerces du secteur.  Avec Élisabeth Fleury