Le dépistage de routine du cancer de la prostate non recommandé

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) ne recommande pas le dépistage de routine du cancer de la prostate par le test de l’antigène prostatique spécifique (APS) en raison des risques et des inconvénients associés à cette pratique.

Dans un volumineux avis publié lundi, l’INESSS reconnaît que 90% des cancers de la prostate peuvent être guéris lorsque ceux-ci sont détectés de façon précoce. 

Par contre, «le dépistage est également associé à des inconvénients tels les faux positifs et leurs conséquences (biopsie, surdiagnostic, surtraitement), en plus des risques associés aux interventions thérapeutiques», observe l’organisme.

Le dépistage du cancer de la prostate se fait par le test de l’APS, dont la concentration est souvent élevée chez les patients atteints d’un cancer de la prostate. D’autres conditions peuvent toutefois résulter en une hausse de la concentration de l’APS, précise l’INESSS. 

«Le test de dosage de l’APS est relativement peu performant. Le risque de faux positifs est considérable», souligne l’Institut, ajoutant que la majorité des hommes qui auront une biopsie à la suite d’un résultat élevé d’APS n’auront pas de confirmation de cancer de la prostate. «Des pourcentages élevés [de faux positifs] peuvent entraîner des examens évasifs (biopsies) souvent inutiles et engendrer par le fait même des coûts associés au surdiagnostic», résume l’INESSS. 

L’organisme souligne qu’une proportion «importante» de patients auront des complications (modérées) lors de la biopsie si le test de dépistage s’avère positif.

Les faux positifs peuvent aussi induire une détresse psychologique persistante chez les patients, mentionne l’INESSS. «Les méfaits physiques (incontinence, impuissance) qui résultent des traitements associés au diagnostic du cancer de la prostate sont également non négligeables», ajoute-t-il.

L’INESSS recommande que le dosage de l’APS demeure accessible «seulement aux hommes asymptomatiques âgés de 55 à 69 ans et sans antécédents de cancer, s’ils ont une espérance de vie de plus de 10 ans».  

Outils d’aide

Il souligne toutefois «l’importance du recours à des outils d’aide à la décision entre les hommes et leurs cliniciens sur le caractère, opportun ou non, de se soumettre à un dépistage par dosage de l’APS». 

Selon le résultat du premier dosage, l’INESSS propose un modèle de prise en charge précis du dépistage «afin de contribuer à l’usage judicieux de cette procédure et de faire en sorte que les risques et les inconvénients ne dépassent pas les avantages attendus».

Selon la Société canadienne du cancer, 4700 nouveaux cas de cancer de la prostate ont été diagnostiqués au Québec en 2016, ce qui en fait le cancer le plus fréquent chez l’homme. Il est également le troisième plus meurtrier.