Le centre de la petite enfance du CHUL accueille des enfants nécessitant des «besoins particuliers», comme Amin. Le bambin de deux ans et demi souffre d'une forme d'hypotonie «presque totale», maladie qui le prive de tout tonus musculaire.

Le CPE du CHUL doit demander la charité pour deux enfants handicapés

Incapable d'obtenir une subvention de 7000 $ pour l'accompagnement de deux bambins lourdement handicapés, le centre de la petite enfance du CHUL est forcé de se tourner vers des âmes charitables afin d'amasser cette somme. Une décision de dernier recours qui met en relief l'incapacité grandissante du gouvernement à assumer les besoins de ces petits bénéficiaires, estime le directeur général de l'établissement.
Richard Bigaouette qualifie son CPE de «milieu de vie ouvert à la différence», d'où la décision du conseil d'administration d'accueillir des enfants nécessitant des «besoins particuliers», comme Camille et Amin. La première, âgée de 18 mois, est atteinte d'une cécité «totale et permanente», tandis que le second, deux ans et demi, souffre d'une forme d'hypotonie «presque totale», maladie qui le prive de tout tonus musculaire.
Afin de favoriser l'intégration des deux bambins, rassurer leurs familles et soutenir l'équipe de travail du CPE, la direction a déposé «une demande de subvention extraordinaire» au ministère de la Famille pour l'embauche de deux éducatrices. «Normalement, le ministère peut donner trois heures de soutien additionnel pour chaque enfant. On a reçu l'équivalent d'une heure par enfant, déplore M. Bigaouette. C'est relativement peu d'argent en regard des taux horaires payés aux éducatrices.»
Le reste de l'histoire se décline sous l'air du proverbe «contre mauvaise fortune, bon coeur». Un appel à la générosité des parents a été lancé et un brunch-bénéfice mis sur pied pour le 26 mars, via une page Facebook. L'événement connaît «un très grand succès, se réjouit le directeur général. «On dépasse l'objectif avec 9000 $. Un donateur a même donné 1000 $.»
Quelle mission du gouvernement?
Ce recours à la générosité populaire pour améliorer la qualité de vie des «deux petits cocos» amène M. Bigaouette à s'interroger à voix haute sur la mission sociétale du gouvernement, de plus en plus mise à mal. «On se dit ouvert aux besoins particuliers, mais a-t-on l'argent pour y répondre? À la lumière de ce que je vois dans notre milieu, je réponds non.»
«Le papa de l'un des deux enfants me disait récemment la chance qu'il avait que son fils fréquente le CPE, sinon il serait dans une bulle de verre, sans contact avec des enfants de son âge. Malgré leur handicap, ces enfants ont la chance d'avoir ici une vie à peu près normale à celle des autres», conclut M. Bigaouette.