Une pointe de tarte au sucre pour Jean-Philippe Drouin et des nouilles au porc thaï pour Marie-Claude Lépine. Ces plats font partie du menu des participants à l'étude.

Le cholestérol sous la loupe à l'Université Laval

La façon de traiter les personnes aux prises avec un mauvais cholestérol élevé pourrait être éventuellement revue par les résultats d'une recherche en cours à l'Université Laval.
Des chercheurs de l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) de l'Université Laval et du CHUL essaient de déterminer le mécanisme précis de fabrication du mauvais cholestérol dans l'intestin de personnes qui ont accepté de participer à l'étude.
«On sait que la consommation de gras polyinsaturés a des effets bénéfiques pour diminuer le mauvais cholestérol mais on ne sait pas ce qui se passe dans l'intestin qui amène cette diminution», a indiqué au Soleil Jean-Philippe Drouin, étudiant au doctorat à l'INAF.
«Si on identifie une protéine ou un gène qui a des effets importants sur le niveau de cholestérol, ça pourrait conduire à un médicament éventuellement pour stimuler ou inhiber cette protéine», a-t-il ajouté. Chaque année, il se dépense des milliards de dollars en médicaments pour contrôler le cholestérol alors que le fonctionnement intestinal du cholestérol est toujours mal compris.
«On ne sait pas trop ce qui se passe au niveau de l'intestin, du métabolisme du cholestérol, comment on l'absorbe, comment il est amené dans le sang. Avec les prélèvements dans l'intestin, on va voir la cascade d'absorption, les protéines et les gènes qui prennent le gras dans l'intestin et qui l'amènent dans la circulation sanguine en bon ou mauvais cholestérol», a expliqué Marie-Claude Lépine, assistante de recherche à l'INAF.
Selon le Dr Patrick Couture, du Centre de recherche sur les maladies lipidiques du CHUL, la recherche pourrait venir remettre en question ou confirmer les recommandations de consommer davantage des gras polyinsaturés (huile de carthame, de tournesol) au lieu des gras saturés (gras animal, produits laitiers) pour réduire les risques de problèmes cardiovasculaires et d'accidents vasculaires cérébraux (AVC).
Participants recherchés
L'étude de l'INAF est en cours depuis deux mois. Une douzaine d'hommes ont accepté d'y prendre part jusqu'à maintenant. On en cherche une vingtaine d'autres. La recherche est réservée aux hommes de 18 à 60 ans. Les variations hormonales des femmes pourraient fausser les résultats de l'étude bien que la consommation de gras polyinsaturés leur soit tout aussi recommandée.
L'étude est assez exigeante pour les participants. Pendant deux périodes de quatre semaines, séparées par une période de quatre semaines, ils doivent consommer trois repas par jour qui leur sont fournis. Ils doivent se présenter tous les jours de semaine à l'Institut situé sur le boulevard Hochelaga à Sainte-Foy pour se faire peser et prendre les repas suivants. Le vendredi, on leur remet les repas pour la fin de semaine. Les participants doivent aussi subir deux biopsies intestinales par l'introduction par la bouche d'un tube. Plusieurs prises de sang sont prévues dans le cadre de la recherche.
Repas fournis
Les hommes choisis doivent être non fumeurs et ne pas prendre de médicaments pour traiter le diabète, le cholestérol ou l'hypertension artérielle. Ils ont aussi un surplus de poids. En plus de tous les repas fournis gratuitement, les participants reçoivent une indemnité de 1200 $.
Pour plus d'informations et s'inscrire, on peut contacter Marie-Claude Lépine (marie-claude.lepine@fsaa.ulaval.ca) au 418 656-2131 poste 7362.