La Dre Marie-Camille Duquette, cofondatrice du Centre de pédiatrie sociale de Québec, reçoit ses jeunes patients dans une salle d'examen où les peluches sont à l'honneur.

Le Centre de pédiatrie sociale voit grand

Le Centre de pédiatrie sociale de Québec, installé dans le quartier Limoilou depuis plus de trois ans, voit grand et souhaite doubler son nombre de jeunes patients au cours de l'année.
Si l'argent et les effectifs sont au rendez-vous, l'organisme à but non lucratif dirigé par la Dre Marie-Camille Duquette souhaite accueillir 140 enfants et jeunes adolescents dans ses locaux qui jouxtent le Patro Roc-Amadour, sur la 1re Avenue. L'emplacement du Centre permet de joindre une clientèle démunie qui ne fréquente pas toujours les services médicaux conventionnels.
«De 40 à 50 % de nos jeunes patients grandissent dans des familles monoparentales qui vivent sous le seuil de pauvreté, explique la Dre Duquette. Ce sont des parents qui sont en situation de vulnérabilité. Ils ont souvent peur d'être jugés ou de perdre leurs enfants. Ici, ils se sentent en confiance et peuvent s'ouvrir davantage.»
C'est lors d'un stage avec le Dr Gilles Julien, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, que la Dre Duquette a eu l'idée de fonder un centre similaire dans la capitale, en novembre 2011, en collaboration avec l'ex-directrice d'école Gisèle Moisan. La pédiatre de 35 ans occupe maintenant seule le poste de chef de direction de ce centre novateur, le seul sur la rive nord de Québec.
Stress toxique
Les conditions de vie précaires et l'isolement qui touchent les familles de Limoilou entraînent des effets pernicieux sur la santé des bambins. Obésité, maladies respiratoires, troubles de comportement, la liste est longue. «Les parents vivent dans le moment présent pour combler les besoins fondamentaux : trouver l'argent pour préparer le souper, payer le loyer, acheter un habit de neige... Dans ce temps-là, tu ne penses pas à aller chez le dentiste ou faire examiner les yeux de tes enfants.»
«On rencontre beaucoup d'enfants d'âge scolaire qui ont des difficultés à l'école, poursuit la Dre Duquette. Ils vivent de grands stress, ce qu'on appelle des stress toxiques, dont les effets nocifs sont de plus en plus reconnus par la médecine. En agissant lorsqu'ils sont petits, on espère leur donner une plus belle vie plus tard.»
Le Centre de pédiatrie sociale compte sur une équipe multidisciplinaire (infirmière, travailleur social, art thérapeute) pour remplir sa mission. Une collaboration étroite avec le patro Roc-Amadour permet d'offrir aux familles des services de première nécessité et des activités pour les enfants.
Grâce à sa dernière guignolée qui a rapporté davantage que prévu et la générosité de la communauté de gens d'affaires, la direction souhaite atteindre un budget de fonctionnement (300 000 $) lui permettant d'atteindre l'an prochain les objectifs d'expansion.
«On pense que Québec est une ville riche, mais il y a beaucoup d'endroits touchés par la pauvreté, en Basse-Ville, à Limoilou et Vanier, mais on ne la voit pas toujours», termine la pédiatre.